Retour accueil

Vous êtes actuellement : SYNDICAT  / Les instances paritaires  / CDEN 


fontsizedown
fontsizeup

CDEN du 25 juin : la grande mascarade

mercredi 25 juin 2014

La FSU 26 refuse de siéger au CDEN pour la première fois de son histoire. Explications.

Nous aurions dû être réunis ce mercredi 25 juin 2014 en CDEN pour étudier les dernières modifications des horaires d’enseignement pour la rentrée 2014. Or, les horaires des écoles de la Drôme sont connus de tous depuis lundi 23 juin puisque publiés sur le site du ministère de l’Éducation nationale. Ce CDEN n’a par voie de conséquence, plus aucune utilité.

A deux semaines des congés d’été, l’École de la république connaît une désorganisation innommable et indigne de notre institution. Voilà, le changement tant attendu est arrivé !

Sous le prétexte de mieux faire réussir les élèves, cette réforme a connu depuis deux ans maintenant plusieurs revers pour tenter de répondre à la demande des mécontents sans qu’aucune note de service ou instruction viennent soutenir les collègues enseignants face aux maires et aux parents.

La nécessité de raccourcir la journée trop longue pour les élèves ou d’offrir à tous les enfants de France un accès aux activités péri-éducatives a cédé le pas face aux pressions de divers lobbies qui relèguent le rythme de l’élève au second plan.

Lors du CDEN du 14 avril 2014, la FSU de la Drôme dénonçait déjà le décret permettant des ajustements aux horaires des écoles déjà validés par cette même instance. En effet, à quelques semaines de la rentrée, les suites sont lourdes de conséquences.

Sur la forme, plusieurs points :

- Publication des horaires avant la tenue des CDEN : la publication des horaires des écoles sur le site du ministère en amont de la tenue des CDEN pourrait être la preuve, d’une part, d’un manque d’anticipation du ministère au moment de la publication du décret, prenant a posteriori conscience de la nécessité de mettre fin le plus rapidement possible au flou artistique induit par ce décret et, d’autre part, d’un manque de considération des instances départementales.

Pour ce qui est des personnels, aucune information ne leur est parvenue, puisque pour eux évidemment, il est nécessaire de respecter les instances.

-  Avis des conseils d’école : la plus grande opacité est de mise quant à la prise en compte des avis des conseils d’école. Certains directeur ont procédé à un vote, d’autres non, certains ont été appelés par l’inspection afin de préciser l’avis du conseil d’école, d’autres non.

Là encore, c’est le trouble qui subsiste. Rien d’étonnant à tout cela puisqu’aucune instruction, aucune information ou même aucun conseil n’a été envoyé à l’attention des enseignants, livrés à eux mêmes pour essuyer les plâtres d’une réforme aux contours flous et variables selon la commune.

Pourtant, par un courrier du 23 mai 2014, la SNUipp-FSU s’adressait à la directrice académique afin de clarifier la méthode de travail : D’autre part, ce décret prévoit une information à destinations des personnels enseignants : Les recteurs et les IA-Dasen sont invités, à cette fin, à diffuser ces recommandations qui figurent sur le site Internet du ministère (Éduscol). Qu’en est-il dans la Drôme ?

Notre courrier est malheureusement resté sans réponse et aucune information n’est parvenue aux enseignants sur le terrain !

- Quant au vendredi après-midi libéré, il va falloir expliquer aux élus ainsi qu’aux personnels qui auraient souhaité en bénéficier que la position officielle du recteur annoncée par la DASEN, soit le refus, n’était qu’une position de principe visant à dissuader les demandes.

Cela a fonctionné en partie, puisque certains acteurs ont renoncé à le demander. Mais au final, Le vendredi libéré a tout de même été acté positivement pour 6 communes sur le département de la Drôme et 73 sur l’académie de Grenoble.

Là encore, faut-il y voir un manque de courage face aux élus ? Car ce refus aurait pu s’entendre du point de vue du rythme de l’élève.

Sur le fond maintenant

  • M. le recteur nous dit, lors du CTA du 23 juin 2014, que ce décret du 7 mai 2014 a fait suite aux résultats des urnes !

La FSU ne peut accepter ce changement de ligne important, faisant totalement oublier au passage l’intérêt des élèves en maintenant des journées de 6 heures et en offrant la possibilité de TAP sur le vendredi après-midi quand on sait de plus que très souvent, ils ne seront accessibles qu’aux enfants des familles les plus favorisées (TAP payants et/ou réservés aux élèves dont les parents travaillent).

Le ministre est attentif aux nouveaux élus, souvent d’une famille politique différente, certains d’entre eux menaçant d’entrer en résistance. Il souhaite ainsi tenir compte de leurs difficultés matérielles et financières et éviter la fronde des maires.

Le ministre est attentif aux parents d’élèves, ces derniers œuvrant souvent dans une logique purement individuelle. Il leur écrit et tient à les informer avant tout le monde via le site du ministère.

En revanche, quels égards a-t-il en direction des enseignants ? Aucun. Pourtant, ces derniers réclament depuis maintenant deux ans une autre réforme des rythmes scolaires, réforme plus respectueuses des élèves et de leurs conditions de travail.

  • Nous aurions du étudier lors de ce CDEN du 25 juin 2014 uniquement les demandes d’expérimentation dans le cadre du décret Hamon, soit les horaires d’enseignement de 60 écoles réparties sur 17 communes.

Or, les documents de travail indiquent que ce CDEN prévoit de revoir toutes les situations à la demande des municipalités, soit 51 écoles supplémentaires concernées.

Tant pis pour les heures de concertation qui ont pourtant été portées aux nues à un autre moment comme garantie d’une mise en place de la réforme dans les meilleures conditions.

Tant pis pour les enseignants qui ne souhaitaient pas travailler dans une urgence insupportable en cette fin d’année scolaire.

Tant pis également pour l’égalité de l’offre scolaire sur le territoire. A chaque commune ses horaires, ses TAP, ses choix et son calendrier. A chaque école, enseignant et famille de s’adapter ... dans l’urgence évidemment.

Prenons rendez-vous aux prochaines élections municipales afin de revoir à nouveau les horaires des écoles ! Autant annoncer de suite la municipalisation du premier degré !

  • La "désorganisation" de la rentrée

    Les possibilités offertes par le décret du 7 mai 2014, explicitement orientées pour satisfaire au mieux les contraintes des mairies, ajoutent à l’inverse beaucoup de contraintes dans l’organisation du service d’enseignement. Ainsi, les diverses opérations concernant les personnels ont du être reportées :

- Les dernières nominations : chacun sait que la rentrée des classes est un moment primordial pour tous : les élèves, leur famille et bien sûr les enseignants. Ces derniers y consacrent une partie importante de leurs congés parce qu’une rentrée bien préparée laisse augurer une année plus sereine. Comment vont-ils pouvoir faire quand certains ne seront informés de leur affectation qu’au dernier moment, parfois même après la fermeture des écoles ? Ils n’auront connaissance ni des listes d’élèves, nécessaires quand certains d’entre eux ont des besoins particuliers, ni du niveau de classe à préparer, ni des moyens mis à leur disposition. Il en sera de même d’ailleurs pour les stagiaires en charge de classe à mi-temps : même si la date des résultats du concours rénové, le 7 juillet, n’a aucun lien avec le sujet traité aujourd’hui, il en rajoute à la désorganisation organisée.

- Les temps partiels de droit (pour enfants de moins de trois ans par exemple) ou sur autorisation : les enseignants du premier degré sont à 81 % des femmes, ce qui explique le nombre de temps partiels important au sein de notre profession. Cette année, ces personnels seront informés de leur quotité de travail, dans le meilleur des cas, le 4 juillet mais surtout, ils ne seront pas tous en mesure de connaître avant la rentrée les jours de la semaine travaillés. Ce qui n’est pas sans poser de problèmes au sein de l’organisation familiale ainsi que pour informer les assistantes maternelles ou les crèches qui accueilleront leurs enfants en septembre. L’autre souci est de ne pouvoir faire le lien avec l’enseignant qui partagera la classe : qui prendra en charge telle ou telle discipline par exemple ? Sans compter que pour certains professeurs des écoles, ils ne pourront travailler à temps partiels qu’à la condition d’accepter une modification de leur affectation, parfois à plus de 30 minutes de leur affectation officielle. Ce n’est pas acceptable !

-  La participation au mouvement en fonction des horaires publiés. Certains enseignants ont fait le choix de changer d’école en fonction de ces horaires et se trouvent confrontés maintenant à des difficultés d’organisation de leur vie personnelle. La FSU rappelle que les enseignants sont également parents d’élèves et qu’il va être parfois très compliqué de concilier vie professionnelle et vie familiale.

Petite conclusion de circonstance


A travers la gestion calamiteuse de ce dossier, le ministère et ses représentants locaux vont-ils réussir à convaincre les familles du bien fondé de cette réforme ?

Qui, aujourd’hui, peut prétendre faire la démonstration d’un quelconque intérêt pour les élèves ?

En revanche, pour ce qui est des conditions de travail des personnels, la démonstration est faite qu’à défaut de les avoir améliorées, le ministère par cette réforme contribue largement à les dégrader.

Depuis le départ, la FSU dénonce une réforme mal ficelée, loin des préoccupations de terrain qui contrairement à ce qui peut se lire ici ou là, sont quant à elles en lien direct avec la réussite des élèves. Il n’y avait qu’à participer à la réunion entre des directeurs des écoles de Valence et le maire de cette commune pour s’en convaincre.

Nous continuons à dénoncer la différence de traitement entre l’école publique et l’école privée, différence qui selon nous pousserait les familles vers le privé pour plus de facilité. Cela se confirme par des baisses d’effectifs sur certains secteurs. C’est pourquoi nous exigerons qu’un bilan sur ce point précis soit présenté au premier CDEN de l’année scolaire 2014-2015.

Nous réaffirmons qu’une bonne réforme des rythmes scolaires ne peut faire l’impasse sur un cadrage national. Jusqu’à preuve du contraire, rien ne justifie que des journées différentes d’une commune à une autre ou des horaires différents d’une journée à l’autre pour une même école soient un gage de réussite pour tous les élèves.

Pour toutes ces raisons, la FSU refuse de siéger à cette instance transformée pour l’heure en une mascarade.

Il faut voir grand pour les enfants, c’était le slogan du SNUipp-FSU tout au long de cette année... M. Hamon aurait dû s’en inspirer.

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 |

Visiteurs connectés : 957


SNUipp-FSU de la Drôme - Maison des syndicats - 17, rue Georges Bizet - 26000 VALENCE

Tél : 04 75 56 77 77 / mail : snu26@snuipp.fr
Mentions Légales


Agrandir le plan