Retour accueil

Vous êtes actuellement : INSTANCES  / CDEN 


fontsizedown
fontsizeup

CDEN rythmes scolaires du 15 06 2015

jeudi 18 juin 2015


INTRODUCTION


Le lundi 15 juin, le CDEN (Conseil Départemental de l’Education Nationale) de la Drôme s’est réuni pour valider la liste des nouveaux DDEN et surtout pour donner son avis sur les modifications d’horaires (décret Peillon) et les expérimentations (décret Hamon) engendrées par la réforme des nouveaux rythmes scolaires.

Cette instance consultative vise à aider la DASEN à prendre ses décisions. Le CDEN est placé sous la présidence du Préfet. Y siègent des représentants de l’Administration, des délégués du personnel, des représentants des parents d’élèves, des élus locaux et le département.

Les documents préparatoires ont fait apparaître des demandes de changement d’horaires plus ou moins importants, sans qu’on sache si ces demandes émanaient des enseignants ou des communes. Ces demandes concernaient 114 écoles. Ainsi, plus de deux ans après la parution du décret Peillon sur la réforme des rythmes, voilà donc que plus d’1/4 des écoles du département ont vu leurs horaires encore modifiés.


QUELQUES CHIFFRES SUR LES DEMANDES


- Ajustement d’horaires sur une même organisation : 82 écoles soit 44 communes
- Dérogation décret Peillon (deux jours fin à 16h30, deux à 15h) : 7 écoles soit 5 communes
- Reconduction d’expérimentation (un après-midi libéré) : 14 écoles soit 6 communes
- Entrée en expérimentation (libérer le vendredi après-midi) : 3 écoles soit 2 communes
- Entrée en expérimentation (libérer un autre après-midi) : 7 écoles soit 4 communes
- Sortie d’expérimentation : 1 école soit 1 commune

Si ces modifications n’étaient pour la plupart que des ajustements, il n’en reste pas moins que les dérives possibles dénoncées par la FSU et d’autres syndicats sont à l’œuvre.


UN VOTE EN CONTRE


Inutile de tergiverser, la FSU, qui demande toujours la réécriture du décret, a maintenu une position de principe cohérente avec ses mandats syndicaux. Elle a donc voté contre le projet proposé en CDEN, projet qui constitue l’archétype des dérives possibles : journées de six heures maintenues, horaires disparates en fonction de contraintes liées presque exclusivement au temps périscolaire, horaires différents pour les écoles d’une même commune, …

La réforme des rythmes prévoyait une réduction du temps de classe par journée et un meilleur étalement des apprentissages sur la semaine. Le décret Peillon a laissé la porte ouverte à des dérogations permettant de travailler certaines journées à 6h. Le décret Hamon, lui, est allé plus loin en laissant la porte à une nouvelle dérive, la possibilité de libérer un après-midi entier et donc de travailler sur 8 demi-journées. Notre recteur ayant même autorisé que cet après-midi soit un vendredi.

Si la FSU était favorable, sur le principe, à une réforme des rythmes scolaires, elle a réaffirmé son opposition à sa mise en place, en raison de sa dénaturation, notamment par le décret Hamon, et surtout du prima de l’organisation des temps périscolaires sur le temps d’enseignement. Ce sont les exigences matérielles et budgétaires des communes qui contraignent les horaires scolaires. La problématique du temps scolaire a été reléguée au second plan.

La FCPE s’est positionnée contre toute journée supérieure à 5h30. Pour eux, comme pour nous d’ailleurs, il est indispensable que le temps de classe par jour soit allégé. N’était-ce pas l’esprit initial de la réforme ?

Certains des maires présents ont insisté sur le fait que les communes n’ont pas d’autres choix que de proposer de libérer des après-midis et de conserver des journées de 6h. La FSU et la FCPE n’ont alors pas manqué de leur rappeler que c’est le temps scolaire qui devait orienter les choix et que la qualité des TAP, bien qu’intéressante, ne devait pas être la priorité.


LA FSU N’A PAS RENONCE A UNE AUTRE REFORME


De cette réforme devenue illisible, il faut en effet reconnaître que l’on ne voit guère le bénéfice qu’en retireront les élèves. En revanche, on ne peut que déplorer la dégradation des conditions de travail des personnels comme les enseignants et les ATSEM. Les familles, elles aussi, pâtissent des nouveaux horaires et leur organisation se voit bousculée : absence de cantine le mercredi, horaires de sortie variables, complexification des modes de garde. Ces dégradations ne peuvent faire que le lit de l’enseignement privé qui répond parfaitement aux demandes des parents.


Sur le fond, il faut bien constater que la mise en place de la réforme des rythmes ne correspond plus du tout à l’esprit initial et la FSU ne saurait donc cautionner que le CDEN serve à avaliser des décisions contraires à l’intérêt des élèves et dévastatrices pour le Service Public d’Éducation.


Selon les propos mêmes de M. le Recteur, tenus lors du CTA du 23 juin 2014, le décret Hamon du 8 mai 2014 était une réponse aux résultats des urnes. La FSU ne peut accepter ce changement de ligne important, faisant totalement oublier au passage l’intérêt des élèves en maintenant des journées de 6 heures, en offrant la possibilité de TAP sur le vendredi après-midi, surtout quand on sait que souvent ils ne seront accessibles qu’aux enfants des familles les plus favorisées puisque payants et/ou réservés à ceux dont les parents travaillent.


La ministre reste sourde aux enseignants qui réclament depuis maintenant deux ans une autre réforme des rythmes scolaires, réforme plus respectueuse des élèves et de leurs conditions de travail. A force de modifications successives et de renoncements, cette réforme ouvre la porte à la municipalisation des écoles, dégrade les conditions de travail des personnels, perd de vue l’intérêt des élèves au détriment d’une politique d’économies et favorise le privé qui n’est pas soumis aux mêmes contraintes.


UNE HARMONISATION NECESSAIRE


Une bonne réforme des rythmes scolaires ne peut faire l’impasse sur un cadrage national des horaires scolaires avec possibilité de dérogations, comme cela se faisait avant le décret Darcos de 2008. Avec les décrets Peillon et Hamon, le « dérogatoire » est devenu « la règle ». Or, jusqu’à preuve du contraire, rien ne justifie que des journées différentes d’une école à une autre ou d’un jour à l’autre, soient un gage de réussite pour tous les élèves.


En ce qui concerne les écoles drômoises, la DASEN a choisi d’harmoniser les horaires sur une même commune. Autrement dit, si un seul conseil d’école s’oppose aux souhaits de la mairie, alors la DASEN ira dans le sens de la majorité des écoles. On aurait souhaité que cette harmonisation se fasse au niveau départemental, voire national, pour plus d’équité sur le territoire, mais aussi pour une meilleure gestion des remplacements, des temps partiels.

Car rappelons que la désorganisation des services est à l’œuvre. Pour le ministère, le seul moyen d’y remédier a été d’instaurer une annualisation du temps de service des enseignants, entraînant de fait une inégalité de traitement entre les personnels et une dégradation des conditions d’exercice. Dorénavant, les remplaçants auront des heures de « RTT », On n’arrête pas le progrès !

Le couplage des temps partiels et la construction des postes de TRS, combinés à la nécessité de dégager des postes à mi-temps pour les PES et d’assurer certaines décharges de direction dorénavant portées à tiers-temps, dans un enchevêtrement d’horaires hétéroclites, va bientôt relever de l’exploit. Dans ce cadre, comment s’étonner que la phase d’ajustement pour l’affectation des personnels enseignants ne se tienne pas avant le 2 juillet 2015 ?

Mais comment faire simple, quand on peut faire compliqué !

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 |

Visiteurs connectés : 348


SNUipp-FSU de la Drôme - Maison des syndicats - 17, rue Georges Bizet - 26000 VALENCE

Tél : 04 75 56 77 77 / mail : snu26@snuipp.fr
Mentions Légales


Agrandir le plan