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CHSCTSD – compte rendu de visite d’un école de REP

Une école oubliée qui fourmille de projets

jeudi 8 février 2018

Le mardi 23 janvier 2018, une délégation du CHSCTSD de la Drôme, composée de membres représentants des personnels et de l’Administration, a effectué la visite de l’école élémentaire publique XXX.

L’école est en REP. Elle accueille 250 élèves dans 11 classes. L’établissement dispose d’une ULIS et donc accueille des élèves notifiés MDPH. Mais l’école reçoit aussi beaucoup d’autres élèves à besoins éducatifs particuliers qui ne rentrent pas dans ce « dispositif », bien qu’étant parfois notifiés MDPH : des élèves qui ont une notification ITEP, mais qui n’ont pas de place, des élèves qui ont des troubles du comportement, des élèves allophones...

Parmi l’équipe enseignante, 7 enseignants sont à temps partiel (pour beaucoup ce choix de ne pas travailler à temps plein est guidé par la nécessité de se préserver et de ne pas s’épuiser au travail), il y a deux maîtresses+, une maîtresse UPE2A (qui devraient intervenir deux demi-journées, mais qui n’intervient qu’une demi-journée car la demande est forte sur les autres écoles du secteur) et une psychologue scolaire qui intervient deux jours. Enfin, 7 AVS et une AVS-CO interviennent sur l’école.

Le quartier est plutôt défavorisé, c’est pourquoi l’école est classée REP. Le taux de chômage parmi la population est important. Les faits de violence (verbale et physique) sont quotidiens. Beaucoup trop d’enfants sont livrés à eux-même dans le quartier dès le plus jeune âge.

Les locaux sont vétustes. La mairie tarde à rénover entièrement le bâtiment. Il y a bien eu la réfection des sanitaires, l’implantation d’un ascenseur pour l’accueil des élèves à mobilité réduite, l’installation de vidéoprojecteurs dans les salles de classe. Mais les peintures sont décrépites, le mobilier est ancien, l’isolation thermique et phonique sont inexistantes. A noter que la psychologue scolaire ne dispose ni de ligne téléphonique, ni de connexion internet, ... Difficile d’être en réseau dans ces conditions.

L’aménagement des locaux relève de la gageure… Les enseignants doivent prendre sur leur temps personnel pour déménager, repeindre des salles. La « salle de gym » est une salle reconvertie avec des tapis au sol.

L’équipe qui est soudée et motivée multiplie les actions et les projets pédagogiques afin de tenter de créer un environnement propice aux apprentissages (sas de médiation, classes à multiples niveaux – CE2/CM1/CM2 –, temps d’échanges quotidiens, création d’une association et d’un espace d’accueil pour les parents dans l’établissement…).

Le poste d’EVS a été supprimé, ce qui a entraîné une surcharge de travail pour le directeur de l’école. Le nombre de dossiers gérés par la psychologue a augmenté de 25 % en huit ans. La proportion de dossiers MDPH est de plus en plus importante.

Ces éléments factuels nous amènent à constater des conditions de travail très dégradées. Les collègues s’épuisent. La charge de travail et la charge mentale sont importantes (grande hétérogénéité des publics accueillis, multiplicité des dispositifs et des actions). Stress, fatigue, anxiété se vivent quotidiennement.

Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que 7 enseignants se soient mis à temps partiel. C’est un choix « contraint ». En effet, la quantité de travail et l’investissement nécessaires pour faire fonctionner l’école font qu’en se mettant à 80 %, un enseignant fournit un travail égal à un 100 %. Un enseignant à 100 % travaille donc 120 % de son temps… Ainsi, les personnels de cet établissement sont fortement soumis aux risques psychosociaux (RPS)

Quid de la vie privée…

Et qu’en est-il de la reconnaissance institutionnelle du travail fourni par ces fonctionnaires ? Il est vrai qu’un fonctionnaire est là pour « fonctionner »... Mais à quel prix et jusqu’où ?

Les enseignants souhaiteraient, à juste titre, voir leur établissement classé en REP+, afin de pouvoir bénéficier des quelques « avantages » supplémentaires que donne cette reconnaissance (effectifs réduits, temps de concertation subsidiaires, …).

Pour rappel un accord-cadre, en date du 22 octobre 2013, relatif à la prévention des RPS dans la fonction publique a été signé par huit organisations syndicales et les employeurs de la fonction publique. Il devait aboutir à un plan d’évaluation et de prévention des RPS d’ici… 2015 !!! Dans l’académie de Grenoble (qui est une des sept académies pilotes sur ce sujet), on en est encore à l’étape d’élaboration du plan d’évaluation… en 2018 !!! Cela en dit long sur l’importance qu’accordent nos décideurs à la question des RPS.

Il n’est pas tolérable que les personnels travaillent dans de telles conditions.
Le SNUipp-FSU 26 milite depuis des années pour une école qui se donne les moyens de ses ambitions.

A l’heure où « l’inclusion forcée » devient le maître mot de toute politique éducative, l’Administration devrait commencer par montrer l’exemple et attribuer les moyens matériels et humains nécessaires à ses agents.

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