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Loi Blanquer : DANGER

Menace sans précédent sur l’école

jeudi 14 février 2019

La loi Blanquer dite de « l’école de la confiance » qui devait avoir pour but essentiel d’abaisser l’âge de la scolarisation obligatoire à 3 ans est devenue un véritable cheval de Troie législatif au service du projet libéral du gouvernement. Le SNUipp-FSU y voit une menace sans précédent sur l’école, le Ministre de l’éducation veut imposer des régressions importantes tant dans l’organisation de l’École que dans les contenus à enseigner.
 
Depuis plusieurs mois, la FSU a exprimé au Ministre de l’Éducation ses réserves et ses inquiétudes sur ce projet. Elle a formulé de nombreuses propositions et amendements notamment lors du Conseil supérieur de l’Éducation. Aucun n’a été intégré.

La FSU dénonce un projet de loi qui ne prend pas en compte les avis de la communauté éducative. Et elle s’inquiète de ces articles disparates qui ouvrent la voie à d’autres réformes profondes pouvant être décidées par ordonnances ou textes réglementaires.
 
Les sujets de préoccupations sont nombreux et la FSU alerte les parlementaires sur les choix qu’ils sont amenés à faire : atteinte à la liberté d’expression des enseignants, financement accru des écoles privées à la charge des collectivités territoriales, installation d’un maillon hiérarchique dans les écoles, attaque de la formation initiale, augmentation du nombre de contractuels, multiplication des expérimentations non évaluées avant leur généralisation, ... les conséquences seront désastreuses pour l’école.

- Article 1 :

Ainsi, alors que la loi de 1983 présente des garanties d’équilibre entre les droits et les obligations des fonctionnaires, l’article 1 du projet vise à renforcer le contrôle de l’expression des agent-es. Pour la FSU, l’obligation de neutralité des fonctionnaires ne peut pas se transformer en une atteinte à la liberté d’expression et de fait à une contrainte au silence. Le SNUipp-FSU y voit la volonté de la hiérarchie, à tous les niveaux, de museler les personnels et de faire taire leurs critiques et leur opposition à des réformes régressives. Il rappelle son attachement aux statuts et à la loi qui obligent les personnels de l’Éducation nationale à se conformer aux instructions (art.28) aux obligations de discrétion, au secret professionnel (art.26), à la neutralité (art.25) mais pas à la réserve. Fonctionnaires citoyens et non sujets, la liberté d’expression est pour les agents une garantie démocratique qui protège les usagers des services publics et protège les finalités de l’intérêt général.

Le SNUipp-FSU appellent l’ensemble des personnels et l’ensemble de toutes celles et ceux qui ont à cœur de défendre le service public, à protester contre cette atteinte aux libertés publiques.

Pour défendre la liberté d’expression des enseignants, je signe !
 
- Articles 2 et 4 :

Sous les apparentes générosités d’un développement d’une scolarité en maternelle, ces articles servent en réalité de prétexte pour contraindre les collectivités territoriales à financer les écoles maternelles privées. Cette obligation de financer les écoles privées se fera aux dépens des écoles publiques. Pour la FSU, il est indispensable de préserver le financement des écoles publiques. Par ailleurs, La FSU juge totalement inacceptable de renoncer à l’instruction obligatoire pour les enfants étrangers.
 
- Article 6 :

Un amendement à cet article vise à inscrire dans la loi une école du socle qui cache son nom et qui souhaite regrouper sous une même unité, écoles et collège d’un même bassin. La création d’Établissements Publics des Savoirs Fondamentaux serait lourd de conséquences négatives tant sur les personnels que sur les usagers en transformant l’organisation scolaire, les statuts des personnels et en recentrant les enseignements dispensés sur le fameux “lire-écrire-compter-respecter autrui”. Entre autres, la mise en place de directeurs adjoints des principaux de collèges et le regroupement de petites écoles vont profondément dégrader les conditions d’exercice du métier.
 
- Article 9 :

Pour la FSU, toute évaluation des établissements devrait s’exercer sous l’autorité d’une instance indépendante, Le CNESCO remplissait en partie ce rôle. C’est au contraire à des personnes directement nommées par le ministre de l’Éducation nationale et la majorité parlementaire que cette mission sera confiée. La mise en place du CSE n’offrira aucune garantie d’indépendance, cette évaluation sera instrumentalisée pour légitimer la doctrine libérale du ministère. Bientôt, l’évaluation du système scolaire montrera que les suppressions de postes sont bénéfiques aux apprentissages car elles permettent d’augmenter le nombre de classes multi-niveaux source "d’émulation pédagogique" ! Avant d’en arriver là, le SNUipp-FSU invite les collègues à protester et donc se saisir d’une pétition.

Pour défendre une évaluation du système scolaire indépendante du pouvoir politique, je signe !

- Articles 10 et 12 :

Avec la création des Instituts Nationaux Supérieurs du Professorat et de l’Éducation (INSPE en lieu et place des actuelles ESPE) basée sur une conception du métier d’enseignant réduite à des fonctions d’exécution et des enseignements centrés sur les « fondamentaux », rien ne garantit l’amélioration de la formation initiale des enseignants. Par ailleurs, le SNUipp-FSU n’acceptera pas le recours aux étudiants pour effectuer des remplacements dans les classes.

La formation initiale des enseignants est en danger. Le projet Blanquer fait de nombreuses erreurs qui n’auront d’autres effets que de renforcer la désaffection pour le métier d’enseignant que le gouvernement prétend combattre. Le ministre entend réformer la formation initiale au prix de fortes régressions. Les pistes retenues envisagent une mise en responsabilité plus précoce des étudiant-es , un resserrement autour des fondamentaux, une modification de la place du concours et une mise au pas des ESPE.

Pour en savoir plus

- Article 17 :
 
Si la FSU a exprimé sa satisfaction sur le renoncement du Ministre à la fusion des académies, elle constate que cet article offre un blanc-seing inacceptable, par le biais d’ordonnances, permettant des réorganisations dont les perspectives ne sont pas fixées par la loi et un renforcement des pouvoirs des recteurs de régions.

Conclusion

Ce projet de loi ne répond pas à l’exigence de démocratisation du système éducatif ni à la nécessité d’améliorer le service public d’éducation pour assurer la réussite de tous les élèves et l’élévation du niveau de qualification.

L’amélioration de notre système éducatif exige une construction commune, concertée et ambitieuse.

A contrario, ce projet de loi va instiller défiance, coercition et arbitraire au sein des écoles, tous les ingrédients propices à la mise en œuvre d’une politique de destruction progressive du système éducatif français au profit d’un système plus concurrentiel, plus contrôlé, davantage aux ordres, avec à la clef, une école à deux vitesses.

La FSU exige l’ouverture de discussions et demande aux parlementaires de ne pas voter cette loi.

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