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L’école Blanquer en marche

Ce qui change à la rentrée 2019

mardi 27 août 2019

- Drapeaux et Marseillaise

L’article 1bisA de la loi Blanquer dite « école de la confiance » stipule : l’emblème national de la République française, le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge, le drapeau européen, la devise de la République et les paroles de l’hymne national sont affichés dans chacune des salles de classe.

Pour que les élèves comprennent les valeurs républicaines, il faut que leur quotidien leur donne l’occasion de les expérimenter : l’éducation à la citoyenneté ne peut se résumer à la présence de drapeaux dans les classes, pas plus qu’à l’inscription de la devise au fronton des établissements.

- Instruction obligatoire à 3 ans

La loi fixe à trois ans l’obligation d’instruction alors que cette instruction, librement acceptée par les familles, conduit déjà aujourd’hui près de 100% des élèves à fréquenter l’école maternelle (98,7 % dès l’âge de 3 ans).

Ce texte ne permet aucune amélioration des conditions d’accueil dans les écoles maternelles ni aucun moyen pourtant nécessaire à cette scolarisation dans les départements d’Outremer où le taux atteint péniblement les 70% comme à Mayotte ou en Guyane.

Dans les faits, cet article de la loi n’aura d’autres conséquences que d’obliger les collectivités à financer l’école maternelle privée et d’instaurer une procédure lourde de contrôle et de l’aménagement de l’assiduité scolaire.

- Aménagements d’emploi du temps pour la PS

Pour la première année d’école maternelle, un aménagement temporaire de l’assiduité de l’enfant peut être décidé par le directeur d’école, sur proposition de la famille et dans le cadre d’un dialogue avec l’équipe éducative.

Le SNUipp-FSU sera attentif à ce que l’obligation d’instruction à 3 ans ne remette pas en cause les aménagements nécessaires pour les très jeunes enfants. La maternelle doit pouvoir conserver cette souplesse dans l’intérêt des élèves et les organisations existantes, comme les rentrées échelonnées qui ont fait leurs preuves, doivent rester possibles.

- Expérimentations

L’article 8 de la loi étend les possibilités d’expérimentations au risque de favoriser ainsi un accroissement des inégalités selon les établissements et écoles du service public d’éducation. Le risque est grand de voir des établissements adapter les contenus d’enseignement et les procédures d’orientation en fonction de la sociologie des publics scolarisés ce qui conduirait à un service public d’éducation à plusieurs vitesses. Le texte n’évoque même pas le fait que ces expérimentations doivent respecter le cadre des programmes.

Le code de l’éducation prévoyait déjà des possibilités de dérogation au cadre général. Mais celles-ci étaient fortement cadrées (évaluation annuelle de l’expérimentation, regard du CNESCO…). Ce nouvel article ouvre la voie à toujours plus de déréglementation.

- EPLEI, établissements publics locaux d’enseignement international

La création d’EPLEI reposera sur la volonté des collectivités (communes, départements, régions). Un financement supplémentaire de ces EPLEI pourra être apporté par l’Union européenne, d’autres organisations internationales comme de dons et de legs.

Ces EPLEI inscrivent dans la loi la sélection des élèves à l’entrée d’une catégorie d’écoles et d’établissements. Ces établissements d’élite recruteront dès le primaire les élèves sur la base de leur niveau en langue étrangère, un critère très sélectif socialement. Ils enterrent l’idée d’un seul système scolaire pour l’ensemble des enfants même si la loi prévoit une proportion d’élèves non sélectionnés.

- Création du Conseil d’évaluation de l’école

Le CEE sera composé de 14 membres que nomment le président de la République, le ministre de l’Éducation nationale et les présidences des deux chambres parlementaires.

Pour le SNUipp-FSU, le CÉÉ acte une perte d’indépendance vis-à-vis de l’institution par rapport au CNESCO. Le ministre qui promeut l’évaluation de l’école, préfère quant à lui, s’affranchir d’un élément de contrôle de ses orientations, au profit d’un outil de mise sous tutelle des établissements et des équipes enseignantes pouvant conduire à leur mise en concurrence.

- Les ESPÉ deviennent INSPÉ

Les ESPÉ sont remplacées par les INSPÉ (Instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation).

Pour mieux les contrôler et mettre la formation sous tutelle, le ministre nommera les personnes à leur tête via le rectorat, sans passer par le conseil d’école de l’INSPÉ, comme c’est le cas à l’heure actuelle.

- Nouvelles missions pour les AED de dix académies

En septembre, 700 jeunes en L2 seront dans les écoles de dix académies (Lille, Amiens, Créteil, Guyane, Lyon, Strasbourg, Reims, Versailles, Rouen et Limoges). Ils et elles se verront proposer des contrats d’AED (assistantes et assistants d’éducation) dits « pré-pro », de trois ans, à raison de 8 h par semaine de présence en école pour des missions allant de l’observation à la mise en responsabilité de classe, en passant par la co-intervention, la participation à l’aide aux devoirs et l’intervention dans les APC .

De ce fait, ce dispositif amputera leurs horaires universitaires car les universités peineront à articler ce travail et l’emploi du temps universitaire, augmentant ainsi le risque d’échec aux études et au concours. De plus, ce dispositif réduira la formation professionnelle à un mimétisme des gestes professionnels, sans retour réflexif sur la pratique ni lien entre théorie et pratique. Des étudiants et étudiantes sans formation et sans concours se verront donc confier des classes dès la M1.

- Visites médicales obligatoires

L’article 2ter de la loi instaure deux visites médicales à 3 ou 4 ans et à 6 ans. Au cours de la 3e ou de la 4e année, elle est organisée à l’école pour l’ensemble des enfants, en présence des personnes titulaires de l’autorité parentale ou qui en assurent la tutelle. Au cours de la 6e année, une visite prévoit en particulier le dépistage des troubles spécifiques du langage et des apprentissages. Ces visites sont obligatoires sauf si les parents peuvent justifier que l’examen correspondant à l’âge de l’enfant a été réalisé par un professionnel de santé de leur choix.

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