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Le télétravail en question

jeudi 19 mars 2020

Je télétravaille, tu télétravailles, elle télétravaille, nous télétravaillons, vous télétravaillez, ils télétravaillent…

La continuité pédagogique…comment l’assurer autrement qu’en télétravaillant ?

Au regard de la situation actuelle, il n’est bien sûr pas question de critiquer le recours systématique au télétravail.

Il n’en reste pas moins que le télétravail est une source de risques professionnels, notamment lorsque les travailleurs.euses concernés.es n’y ont pas été préparés.es : isolement, éloignement, difficulté d’assurer la séparation entre activité professionnelle et vie familiale etc. Ce dernier point est particulièrement sensible puisque nombre de télétravailleurs.euses vont devoir également assurer la garde de leurs enfants...

Les risques pour le télétravailleur sont de deux natures, physiques et psychologiques.

L’inadaptation du matériel de télétravail ou du bureau à domicile peut engendrer des risques physiques (musculo-squelettiques, visuels, électriques...) liés à leur mauvaise ergonomie ou à une installation défectueuse, mais les risques psychosociaux sont aussi importants : perte des limites entre vie professionnelle et privée, stress lié à des contrôles ou objectifs excessifs, affaiblissement des relations interpersonnelles...
L’installation d’un bureau à domicile ne répond pas forcément aux mêmes normes de santé et de sécurité que dans les établissements.
La disponibilité est constante par le truchement du téléphone ou de l’ordinateur portable. Les télétravailleurs.euses peuvent être ainsi amenés.es à travailler au détriment de leur vie privée et de leur temps de repos, avec des plages horaires excessives, ce qui entraîne des situations de stress. Les horaires de travail plus souples peuvent aisément finir par empiéter sur la vie privée.

Il conviendrait que notre employeur mette en œuvre rapidement des mesures de prévention spécifiques au télétravail avec des recommandations ergonomiques pour l’installation d’un bureau à domicile, la conservation du lien social (qui est déjà largement impacté par le confinement), la gestion du temps et de la charge de travail, ...

Les mesures de prévention des risques du télétravail

Le Code du Travail définit des obligations réglementaires spécifiques au travail à distance, comme par exemple la prise en compte par l’employeur des coûts des matériels informatiques, des logiciels, des télécommunications ou la détermination des plages horaires de possibilité de contact…
Les instances représentatives du personnel (CHSCT) devraient normalement être sollicitées pour réfléchir à la mise en place de ce télétravail, afin de faire des préconisations nécessaires (règles de gestion du temps compatibles avec la durée légale, respect de la vie privée, définition claire des tâches confiées, limites du rôle et responsabilités, identification d’un responsable vers qui se tourner pour trouver des solutions lorsqu’un problème est identifié, préservation des temps d’échanges périodiques avec des collègues…).

Qu’en est-il de l’accident de service et de la présomption d’imputabilité au service lorsque l’on télétravaille ? Là encore, aucune information.

Un autre problème apparait de manière flagrante avec cette crise dûe à la pandémie de Covid-19. Tous les enseignants maîtriseraient « naturellement » les outils informatiques et en seraient logiquement bien équipés.
Notre employeur, à l’ère du numérique ne nous fournit ni matériel personnel, ni logiciel, ni ne nous forme dans le cadre de nos fonctions d’enseignement, de transmission des savoirs. Nous le serions « par essence » !!!

L’article 7 de l’ANI (accord national interprofessionnel) de 2005 prévoit le coût des équipements et des communications (bureau, chaise, lampe, ordinateur, logiciels, télécopieur, imprimante, webcam, fournitures courantes de bureau, connexion Internet, téléphone fixe et portable, petit mobilier de rangement...) :
« Sous réserve, lorsque le télétravail s’exerce à domicile, de la conformité des installations électriques et des lieux de travail, l’employeur fournit, installe et entretient les équipements nécessaires au télétravail. Si, exceptionnellement, le télétravailleur utilise son propre équipement, l’employeur en assure l’adaptation et l’entretien.
L’employeur prend en charge, dans tous les cas, les coûts directement engendrés par ce travail, en particulier ceux liés aux communications.
L’employeur fournit au télétravailleur un service approprié d’appui technique.
L’employeur assume la responsabilité, conformément aux dispositions en vigueur, des coûts liés à la perte ou à la détérioration des équipements et des données utilisés par le télétravailleur. »

Qu’est-ce qu’à prévu notre employeur ?

Cette pandémie de Covid-19 met clairement en lumière le retard et les manquements de notre administration concernant le numérique et l’utilisation qu’elle nous en demande, alors même qu’elle se glorifie régulièrement d’y former les élèves.

L’employeur, même en temps de crise, a une obligation de résultat vis-à-vis de la santé et de la sécurité de tous ses salariés, y compris les télétravailleurs.euses : il est donc nécessaire d’évaluer les risques éventuels de en espace de travail privé, avec l’accord des salariés car l’employeur n’a aucune possibilité légale d’imposer un contrôle des conditions de travail à domicile, en vérifiant les points essentiels de son installation et en remédiant aux défauts constatés. Dans l’urgence cela est difficile, mais pas impossible. Au moins, l’administration s’est-elle posée la question ? Ou une fois de plus, s’est-elle dit que les fonctionnaires devaient fonctionner, ni plus, ni moins ?

Encore une fois, nous allons être en première ligne et gérer au mieux, en faisant preuve d’inventivité.

Aussi, pour prévenir les risques, il convient de respecter certaines règles :

-  Il faut s’accorder une pause d’au moins 15 minutes toutes les deux heures ; ces pauses doivent avoir lieu hors du poste de travail pour quitter la position assise, se lever, s’étirer et marcher.
-  Il est bon d’avoir un rituel de travail assez constant : heures de début et fin de travail, de repas ou collation.
-  Il faut prévoir des temps de vie familiale et ne pas y déroger (travail scolaire des enfants, jeux, repas…).

Le SNUipp-FSU, comme toujours, est à vos côtés.
N’hésitez pas à nous contacter, à nous solliciter, à la moindre interrogation, au moindre problème. Nous télétravaillons… La boite mail du snuipp-FSU 26 (snu26@snuipp.fr) est consultée régulièrement, les appels téléphoniques (04 75 56 77 77) sont redirigés vers des représentants des personnels.

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