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Journal de confinement

Le SNUipp-FSU 26 appelle à témoigner

mardi 3 avril 2018


Mise à jour 10/05/2020


La semaine à venir va être serrée pour la bataille de l’opinion : les média et la mairie (à Romans) caressent les parents dans le sens du poil "école, école, école"...
Pour le moment, les parents sont (je schématise) soit ultra inquiets et ne mettront pas leurs enfants à l’école, soit ravis que l’école reprenne car leur enfant a envie de voir ses copains et copines... sans se rendre compte du tout que CE NE SERA PAS L’ECOLE.

Depuis mercredi et des précisions de la part de notre IEN, je passe par toutes les couleurs...

J’étais d’abord fort embêtée de comprendre que j’allais faire office de directrice de garderie ;
une collègue m’a rétorqué "au moins annoncé comme ça c’est clair",
une autre m’a dit "mais non, parce qu’en garderie, les enfants peuvent jouer ensemble".

J’étais ensuite contrariée au plus haut point de comprendre qu’on me demandait de faire office de directrice de prison ;
une collègue m’a rétorqué que non, parce qu’en prison les gens peuvent se toucher et jouer aux cartes, et là une autre collègue, en évoquant les cheminements obligatoires, les sens uniques, la même place à ne pas quitter toute la journée -y compris parfois pour le temps de cantine-, les récréations passées en solo voire évincées, les dînettes et Legos rangés, les livres sortis de la classe 5 jours si un élève les a lus, etc, a parlé de la maltraitance qu’on allait faire vivre aux élèves (me proposant même d’essayer ce traitement un week-end sur mes ados, voir ce que ça donne... Euh, j’hésite pour espérer être équilibrée lundi 4 ;-)

J’étais alors finalement carrément au bord de la crise de nerf de me pencher sur la reprise de l’école en pleines vacances en comprenant que s’engouffrer là-dedans aboutirait forcément à des situations de maltraitance...

Alors j’ai pris la décision de vous écrire !

Cher SNuipp, là j’ai, on a, besoin de vous car le battage médiatique et celui des municipalités "pro réouverture des écoles" ne va pas diffuser en masse le protocole sanitaire qu’on trouve sur internet depuis quelques jours et qui casse notre belle envie de retourner à l’école... car, je le répète mais pas encore assez fort pour que les parents l’entendent, ce ne sera pas l’école.
Autre chose : j’ai entendu parler des sanctions pénales que nous pourrions avoir si un parent portait plainte si leur enfant attrapait le virus, l’Etat ne se substituant alors pas du tout à nous puisqu’il nous aura indiqué le protocole à suivre (sous entendu "on n’avait qu’à le faire").
Ne pourrait-ce pas être un levier pour mobiliser les enseignant.e.s et/ou pour les outiller pour argumenter ? Pour l’instant, les discussions que j’ai avec des enseignant.e.s aboutissent à la conclusion unanime qu’il n’est pas raisonnable de rouvrir les écoles le 11 mai.
D’ailleurs, tiens, j’y pense, le Conseil Scientifique a abouti à la même conclusion.

Dernière chose : en imaginant qu’on y aille le 11 et qu’on arrive à tout organiser sans traumatiser les élèves ni leur donner une image individualiste et suspicieuse de l’Ecole : QUEL SERAIT ALORS NOTRE OBJECTIF ?
- aider les enfants en difficulté ?
- vivre une fin d’année sereine ?
- vivre une fin d’année avec des projets fédérateurs ? (ma classe a une classe de découverte en suspens...)
- s’assurer que les acquis des élèves de grande section et de CM2 soient prêts pour la rentrée suivante ?

Ou bien juste que les parents puissent aller travailler ?

Et accessoirement apprendre aux enfants à devenir des être ultra-individualistes ? Ca pourrait servir pour leur futur

Là, le 1er mai 2020, je ne comprends pas pourquoi je risquerais la santé de mes élèves, de mes collègues et la mienne + des complications judiciaires en tant que directrice pour que l’activité économique recommence.
J’ai vu une belle pancarte ce matin : "PAS DE RETOUR à L’ANORMAL".

N’a-t-on pas, nous les enseignant.e.s, un rôle pour dire ou rappeler que non, tout ne peut pas reprendre comme si de rien n’était ? N’est-ce pas gros comme une maison de faire commencer la reprise des élèves par les plus jeunes, ceux qui sont les moins habitués à faire des activités individuelles sans parler ni se lever ?
Les médias vont-ils continuer leur enfumage la semaine à venir ?

Je n’arrive plus à décolérer : je me sens pion d’un système avec lequel je ne suis plus du tout d’accord, moi qui espérais que le confinement allait nous faire placer l’Humain au centre des réflexions, c’est loupé. Et commencer par tester ce "monde d’après" en mettant les enfants dans l’engrenage me déprime profondément.

Des bises... du coude !
Anonyme

PS : Un article du café pédagogique me sort de ma torpeur. Car oui, je suis en pleine torpeur. Depuis jeudi dernier, où j’ai lu le protocole sanitaire national qu’on nous demande d’appliquer dans les écoles, je ne dors plus sereinement, ne souris plus, cherche, lis, appelle, écoute, entends, partage, essaye. Vacances, école, mercredi ou pas , je vis protocole, du matin au soir, je pense protocole, je rêve protocole, tentant de me raccrocher chaque matin aux nouveautés du jour, pour que celui-ci soit vivable.

Je n’ai plus d’énergie pour profiter des retrouvailles avec mes élèves dans notre rythme enfin trouvé pour la continuité pédagogique ; plus d’énergie pour m’occuper de mes enfants ; plus d’énergie pour rien. La charge de travail mise une fois de plus sur le dos des directrices et directeurs est trop grande. Nous voilà projeté.e.s dans un nouveau tourbillon, avec des délais irresponsablement courts : si en Chine le déconfinement s’est préparé en plusieurs semaines, comment peut-on un seul instant accepter, nous équipes enseignantes, de l’imaginer en quelques jours ?

Le protocole est paru le 29 avril, il était temporaire, la version définitive est parue le 3 mai et nous a officiellement été communiquée le 4. Pour le décliner pour nos écoles pour le 5 mai au soir...

C’est un travail colossal, qui nous met une pression terrible, alourdie par les annonces des municipalités "l’école reprend !" et de la presse "oui, l’école rouvre !".

Moi, toute seule face à la soixantaine de pages du protocole à décliner pour mon école, je suis désespérée. Et, après une semaine de ce régime, alors que je fonds en larmes dès que j’entends le mot "protocole", alors que des, directrices me confient leur envie de démissionner, alors que d’autres subissent la pression des parents ("si mon enfant tombe malade, je vous tiendrai responsable"), alors que je ne trouve plus de sens à ma fonction, la tribune du café pédagogique m’aide à mettre en mot ce que je ressens tout au fond de moi : une énorme culpabilité.

Culpabilité d’être complice d’un système où, covid ou pas covid, l’Humain n’est toujours pas mis au centre des discussions : comment peut-on envoyer les enfants en premier dans l’engrenage du déconfinement ? (je ne demande pas pourquoi, j’ai la réponse : pour que leurs parents aillent travailler).

Culpabilité aussi de ne pas dire la vérité aux parents ; les parents nous font confiance et leurs enfants aiment aller à l’école, tout comme nous d’ailleurs. Sauf que là, ce qui attend tout le monde la semaine prochaine, ce n’est pas du tout l’école... voire même une déconstruction de tout ce qu’on a mis en place à l’école maternelle ! Le vivre ensemble le partage, l’entraide, la coopération, les discussions qui évitent les disputes, le tutorat entre enfants, l’autonomie (aller chercher seul son matériel, le ranger, choisir son atelier, ETC).

Nous travaillons d’arrache-pied depuis une semaine pour que les enfants rentrent dans des boîtes, suivent des chemins -qui ne se croisent jamais-, se lavent les mains, ne se touchent pas ; Même un chien de berger face à son troupeau a plus de souplesse et de poésie.

Je suis triste, tellement triste.

En lançant mon sondage aux familles "comptez-vous remettre votre enfant à l’école , un peu beaucoup, passionnément à la folie ou pas du tout ? ", j’ai l’impression de ne pas leur avoir dit la vérité et cela m’empêche de dormir car je sais qu’avec un mensonge, une relation de confiance peut se briser. Et avec les enfants aussi, eux qui imaginent retrouver leur maîtresse (en lui faisant un gros câlin à l’entrée de la classe), leur école, leurs vélos, leur toboggan, leurs ateliers en autonomie, la grosse caisse de Kaplas où on pioche tou.te.s dedans, la chorale de toutes les classes, les danses folkloriques, les histoires écoutées les uns collés aux autres pour mieux voir les images... et tous ces beaux souvenirs qui leur restent de l’Ecole.

J’aurais tellement préféré que tout soit clair : les parents qui ont vraiment besoin que leur enfant soit gardé à partir du 11 mai auraient pu bénéficier d’un SMA élargi (le même Service minimum d’Accueil que celui en place depuis mi-mars pour les enfants de soignant.e.s et autres métiers en lien avec la lutte contre le covid -et auquel je n’ai pas compris pourquoi on ne rajoutait pas les enfants des caissières et caissiers qui me permettaient d’aller faire mes courses chaque semaine...) ; les autres parents auraient encore trouvé une solution pour une semaine ou deux, le temps que le protocole actuel soit assoupli. Et nous enseignant.e.s aurions continué un suivi pédagogique à distance, en osant même améliorer nos pratiques par rapport à mars.

Il y aurait aussi eu la solution de ne scolariser que les enfants en décrochage scolaire... mais c’est obsolète : on n’en parle plus. C’était un argument pour faire avaler le 11 mai lorsque la date est sortie du chapeau.

Et là, avec la réalité du terrain qui nous montre l’absurdité de ce ramdam tonitruant (qui aboutit à ouvrir l’école maternelle où je travaille pour... 5 enfants le 12 mai), est-ce qu’on sera assez fort.e.s, assez soudé.e.s, pour ne plus avaler n’importe quoi... et le faire savoir ?



Bonjour,

Je me permets de vous livrer quelques réflexions personnelles concernant la réouverture des écoles.
En préambule je voudrais dire que le principe du volontariat pour les parents qui décideront de remettre ou pas leur enfant à l’école me semble une illusion du libre arbitre. J’ai bien peur que l’Etat se dédouane de toute responsabilité en cas de grave problème sanitaire car il y a un vide juridique : Qui sera tenu responsable si un enfant ou un personnel développe une forme grave de covid et qu’un lien est établi avec la réouverture de l’école ? Le directeur qui est tenu de garantir les meilleures conditions d’accueil des élèves ? Le prof ? La mairie ? L’Etat ? Le parent ?

Qui va décider de quoi ? Harmonisation des pratiques sur tout le territoire ? Ou à l’échelle de la région ? du département ? de la circo ? de la ville ? de l’établissement ?

Des questions, nous en avons des dizaines. Certaines attendent une réponse directe du ministre, elles concernent le ciblage des publics accueillis et les critères retenus, les contenus d’enseignement, les pédagogies privilégiées... Le flou pour l’instant...

D’autres réponses par contre, relèvent de compétences partagées. Elles sont donc conditionnées à un travail préalable de concertation entre les partenaires que sont la mairie, l’agglo, l’Education nationale, les parents élus. Elles concernent les thèmes suivants :

- Garantie des conditions sanitaires :
> Protocole sanitaire ?
> Responsabilité citoyenne ? Responsabilité de l’Etat via les préfets ? Des collectivités territoriales ?
> Quid des masques ? Du gel ?
> Désinfection des locaux

- Emploi du temps :
> Élèves à mi temps sur la journée, pas mal pour les profs d’école mais ingérable pour les collégiens.
> Alternance 1 semaine sur 2, Les profs se dédoublent pour assurer simultanément le distanciel et le présentiel... Impossible !

- Ajustements locaux à l’échelle de chaque établissement :
> Horaires d’accueil : horaires décalés ?
> Occupation des locaux et des extérieurs : par qui et quand ? Points d’eau ?
> Circulation à l’intérieur des locaux ? Circulation devant l’école ?

La liste n’est pas exhaustive mais on comprend bien que chaque réponse aura une incidence sur l’acte d’enseignement.

Alors, quand mettra-ton autour de la table les principaux acteurs locaux ? Le 4 ? Le 11 ? Jamais ?

Je souhaiterais que les profs des écoles exigent la tenue de réunions de travail entre les différents partenaires locaux, (mairie, agglo, éducation nationale, parents élus), comme condition préalable à la réouverture des écoles de la ville, si réouverture il y a. Nous en faisons la demande aujourd’hui pour l’école Margerie.

En posant le postulat que l’objectif de la réouverture des écoles était bien de réduire la fracture sociale, une solution assez simple méritait d’être étudiée : ne faire revenir à l’école que les publics fragiles, élèves désignés par leurs enseignants qui ont la connaissance du terrain. Ces enfants auraient pu être accompagnés dans leur travail scolaire par les partenaires éducatifs (animateurs). L’enseignant de la classe restait le référent pédagogique et continuait de la sorte son travail en distanciel pour tous ses élèves.

Françoise Etcheverry



Bonjour chers collègues !

Après les dernières nouvelles de nos ministres voici mon planning à partir du 12 mai...et je le crois bien celui de beaucoup d’autres !
Je suis en maternelle. Je travaille de 8h40 jusqu’à 16h20. 6 heures en classe où j’ai pour ordre de suivre à la lettre le protocole sanitaire...6 heures de classe où je vais devoir veiller, je ne sais par quel moyen à ce que mes élèves de PS, MS et GS restent assis à cette table qui leur sera attribuée pour la journée, et à enchaîner des activités individuelles...
17h30, je rentre à la maison.
Là, je m’occupe des devoirs de mes 3 enfants. Une au lycée, un au collège, ils ne reprennent pas encore...Le dernier en ce2 aura classe 1 jour sur 2...Mes garçons ne sont pas encore autonomes dans leur travail...donc programme de 5e, de CE2, et seconde à assurer. Si je m’y prends bien ça ne devrait durer que 3/4h.
Ensuite je prépare ma classe pour le lendemain, une série d’activités individuelles à prévoir sur feuille puisque le matériel collectif est interdit, à moins de le désinfecter entre chaque manipulation d’élèves ce qui me serait clairement impossible ! Tâche assez difficile sachant que le temps de concentration à cet âge là est de 10/15 minutes environ sur une même activité.
Il me faudra aussi trouver des activités pour la recréation parce que si je laisse mes élèves libres, ils vont obligatoirement aller les uns vers les autres et ne respecteront plus le 1m de distanciation obligatoire à la non propagation du virus...Bref environ 2 heures de travail...
Et non ma journée n’est pas encore terminée ! Car je dois maintenant m’occuper du fameux suivi pédagogique à distance des élèves qui seront restés chez eux !...
Voilà, j’ai oublié de manger, de boire, de préparer mon repas pour demain et j’ai aussi oublier de répondre à la principale du lycée de ma fille qui me demande en urgence ce qu’on fait pour son orientation en 1ère, générale, technologique et quelles options choisir ?! Difficile de se décider à tout juste 15 ans !
Bref j’en ai plein la tête.
Il est 3h du matin, je vais me coucher !
6h30...le réveil sonne...je le jette par la fenêtre !
Une instit de maternelle.



Ce n’est pas parce que nous sommes séparé.e.s, enfermé.e.s, camisolé.e.s chez nous, derrière des écrans et la peur sanitaire, que ne gronde pas la colère.

Depuis le début du confinement, nous sommes divisée par la peur de l’autre, la délation, la « responsabilité collective sanitaire ». Depuis le début nos activités sont classées en utiles ou inutiles, par celles et ceux même qui font de la société un champ de ruine.

Mais le temps de la rue n’est pas encore venu.
Nous allons attendre aux côtés des soignant.e.s, des enseignant.e.s, des travailleurs sociaux, des chômeu.r.ses, des gilets jaunes, des futur.e.s retraité.e.s, des étudiant.e.s, des ouvrier.e.s, de toutes les personnes qui n’auront pas pu accompagner leur proches à la mort ni les enterrer, des intermittent.e.s du spectacle…de toutes celles et ceux qui seront resté sur le carreau des milliards donnés aux grandes entreprises et aux banques pour endiguer la crise…

Nous allons attendre d’être avec toutes celles et ceux qui ne sont pas rentables et utiles à cette société et qui doivent mettre la clé sous la porte suite au confinement et à l’interdiction de travailler.

Toutes celles et ceux qui ne peuvent plus payer leur loyer, qui n’ont plus rien à manger, plus de liens humains.
Toutes celles et ceux qui auront été enfermés en détention ou CRA sans soins ni visites, dans leur barre d’immeuble sans jardin, à la maison avec un conjoint violent…
Toutes celles et ceux qui se sont vu imposer leurs congés et leur temps de travail, toutes celles et ceux qui se sont fait criminaliser par des contrôles abusifs…

Les colères que l’ont sentait déjà jaillir un peu partout avant le confinement ne se sont pas éteintes, elles s’organisent tapis dans la pénombre pour mieux sortir en un bloc, toutes ensembles, sans se laisser diviser par les peurs et les directives de l’état d’urgence sanitaire.

Ne nous trompons pas d’ennemis !
ce n’est pas notre voisin.e qui exploite depuis des siècles les peuples et la planète.
Ce n’est pas notre voisin.e qui passe des ordonnances sur le code du travail pendant qu’on est confiné.
Ce n’est pas votre voisin.e qui commande des drones en pagaille, des systèmes de surveillance géolocalisé et qui piste les sentiers de montagne en hélicoptère pendant qu’on est confiné.e.
Ce n’est pas votre voisin.e qui décale les contraintes de pollution des grandes entreprises et qui leur donne des milliards d’euros issus de nos impôts pendant qu’on est confiné.e…
Non, c’est le système de la richesse de quelques un.e.s aux dépend de tou.te.s,
ce système qui ne tient que sur l’exploitation, la domination, l’aliénation, les privilèges et les inégalités. Ce système dont on commence à connaître les rouages de manipulation des émotions et des imaginaires, de divisions des peuples. Ce système qui repose sur la peur, la capacité de résilience au choc pour intégrer toujours plus de surveillance, de répression et de technologie.


A méditer ... et si nous sommes "au repos forcé " , pensons à bien "nous" recharger ....pour "bientôt"

PrNICO (Divajeu)



« Et si c’était lui qui avait pété les plombs ? »

Témoignage depuis Romans-sur-Isère
paru dans lundimatin#237, le 6 avril 2020

Samedi, à Romans-sur-Isère, un homme de 30 ans a distribué des coups de couteaux en pleine rue et dans plusieurs commerces tuant deux personnes et en blessant cinq autres. Le chef de l’Etat s’est exprimé, la police antiterroriste a été saisie, trois personnes ont été placées en garde-à-vue, notamment l’agresseur. Selon l’AFP, citant une source proche de l’enquête, l’homme « ne se sentait pas bien depuis plusieurs jours » et était « assez aigri » à cause du confinement

Un lecteur de lundimatin et habitant de Romans-sur-Isère leur a envoyé ce texte pour publication.

Et si c’était lui qui avait pété les plombs ? Témoignage depuis Romans-sur-Isère

Les premiers à avoir bravé la bonne conscience virale dans cette ville de 40 000 âmes (classée parmi les plus pauvres d’une si grande région), c’était les marginaux en tous genre. Errant moi aussi, j’avais été marqué par le fait qu’un jeune restait assis sur un banc, au milieu d’une place centrale. Vraiment, il contrastait dans ce désert de furtifs. D’autant que sa peau était noire.
Les jours suivants, un tox qui me taxe pour toujours prendre un train imaginaire, m’a expliqué que ’le noir’ avait fini par se prendre ’des grands coups de matraque dans la gueule et se faire embarquer’, sans que les rares passants ne bougent, et que lui aussi, maintenant, il avait peur, ne savait plus où faire la manche, ni comment trouver ses produits, ses façons à lui de tenir dans notre monde. Et il n’est pas seul, comme ça, à tourner en rond, un peu perdu dans la situation. Enfin on n’est pas seuls.
Depuis, effectivement, je n’ai pas revu le gars sur le banc. Mais la lie de la ville est bien là : celles et ceux à qui on a retiré un permis qu’ils n’ont jamais eu déambulent dans un espace public vidé de sa substance. Le célèbre carnaval local, neutralisation spectaculaire d’une insurrection historique, vient d’être annulé, mais des renversements opèrent tout de même. En tous cas, pour beaucoup, cette situation brutalement lunaire est fragilisante.

Donc ce jeune noir défiait les confinés depuis son banc ensoleillé et fut puni en conséquence. En le saluant je m’étais posée cette question : qu’est-ce qui dans son histoire le fait rester là ? Je reviens à l’instant des lieux du carnage qui a eu lieu il y a quelques heures, je me pose une autre question : et si c’était lui qui avait pété les plombs ce matin ? En tous cas, son banc est pile au cœur du périmètre de sécurité, défendu violemment par des formes mouvantes, siglées, plus ou moins masquées mais toujours armées et qui se font passer pour des humains. Visions qui n’aident pas à calmer nos fragilités. Autour, vole une nuée de mouches, avec des objectifs, plutôt grands et plutôt clairs. Deux ministres en quelques mois – les Parisiens commencent à connaître le chemin vers Romans-Sur-Misère, comme on l’appelle ici affectueusement : d’abord la grêle cataclysmique qui a tout éclaté, maintenant la mort brute. Entre le climat, le virus et l’attaque au couteau, vraiment on n’échappe pas à son temps.

On est tous Charrette

Comme les autres Romanais, je dois bien reconnaître que moi aussi je suis sous le choc. Plombé par la négativité qui risque de gangréner les cœurs. Premier réflexe, sortir, ne pas rester seul chez soi, se tenir avec les autres habitants. Et dehors, on résume déjà bien l’ambiance : ’quel malheur’. Ça va, je respire : pas encore trop d’animosité dirigée. ’Ce monde est vraiment fou’, me dit un voisin (à côté de l’immeuble qui s’est effondré, avec une vieille dame dedans – Marseille style, un an avant). Les premiers propos racistes, je les entendrai le lendemain matin, dans la bouche des responsables politiques, locaux et nationaux. Et ça risque d’infuser assez vite. On fera ce qu’on peut pour contenir l’hémorragie émotionnelle.
J’étais déjà cassé en entendant le nom de ma ville à la radio, car en général ça n’augure rien de bon, mais j’ai pris une deuxième claque, dans la rue, quand on m’a dit que Julien, le fils de La Charrette, s’est ’fait égorger devant son gamin’. La Charrette, c’est le bar historique du centre, avec une grande terrasse remplie tous les weekends, une cave pour les concerts et spectacles. [J’écume les rades du secteur parce que je fais de la musique ; et puis même.] Il est tenu depuis 40 ans par un fan du music-hall, qui encadre sur son mur les photos jaunies de lui-même à différents âges, trinquant avec les stars qu’il a accueillies. Son fils a repris depuis quelques années. Ce qu’il y a de rassurant à Romans, c’est qu’aucune tentative de métropolisation branchée ne fonctionne vraiment. Tout le monde sent qu’ici, c’est la crise pour toujours, et c’est ça qui est bon. Il y a Valence juste à côté, belle grande et forte, qui aspire tous les affects de gagneurs, un peu comme Saint-Etienne/Lyon ou Liège/Bruxelles, mais en mieux quoi. Donc ici on est bien : ça fait longtemps qu’on a lâché la cordée ! Ou l’inverse, qu’on a été lâchés ? Peu nous importe : les cordes, c’est pour les tuteurs dans les jardins partagés.

Donc ça restait LE bar où tout le monde est déjà venu prendre l’apéro, ou bien se finir. Un monument local. S’y tiennent régulièrement des afters-shooters-fumeurs à huis pas si clos. Enfin s’y tenaient. Le corps collectif est traumatisé : les couteaux ont lacéré une partie du tissu commun.

Je viens de voir des flics pousser violemment une figure de la rue, qui gueule tout seul et crache partout tout le temps, il promenait sa bière et son chien à 3 pattes un peu trop près des rubalises. ’Dégage !’

On est tous des chiens à trois pattes

Dans la rue, il y a encore des exilés qui tournent en solo ou par deux, parfois sur les vélos de récup de l’atelier partagé : car c’est aussi ça Romans, une multitude associative et solidaire, depuis 40 ans. La mairie a d’emblée attaqué les assos qui louent des apparts pour les sans-papiers. Des “irresponsables” selon elle. Décidément... Les ’jeunes migrants’ partagent encore le sourire avec qui veut bien, mais forcément, en les croisant tout le monde y pense. C’était déjà le cas avant, mais alors là, ils vont en subir, des regards – si ce n’est plus. Comment on va faire maintenant ? J’espère que cette ville va rester respirable pour eux et qu’ils ne vont pas nous abandonner là, sur les terrasses d’un monde bientôt ré-ouvert, ou refermé.

Soudanais ?

S’ils ont le même âge que nous, les mêmes baskets, les mêmes téléphones, les Soudanais viennent d’un des pays martyrs de notre époque, et n’oublions jamais que nous sommes l’époque. Le Soudan a été ravagé par les famines, la sécheresse et les guerres. L’esclavage y est une tradition ancestrale. La plupart des jeunes qui fuient, pour vivre, passent ensuite par l’enfer libyen. Ils ne racontent pas, mais ils disent avoir désespéré de ne pas pouvoir se donner la mort. On est tous sur la même planète, qu’on dit ? Alors qu’on ne s’étonne plus quand le mal se répercute ici aussi, quand ça nous éclabousse jusqu’à l’intime : on boit des coups toute l’année devant eux, condamnés qu’ils sont à rester au banc (sauf pendant les périodes de confinement), à chercher encore, sur leur écran, une voie d’accès dans cet escape game grandeur nature. Nos regards attablés sont les coups de l’âme.

’Soudanais’, des grands médias aux petits habitants, ce mot court sur les bouches, comme s’il désignait une maladie. Qui se souvient, à Romans ou ailleurs, que les Soudanais et notamment les Soudanaises en première ligne, ont offert une grande victoire au camp de la liberté, dont on se réclame si fièrement quand on est éméchés ? Depuis leur catastrophe, ils et elles ont encore eu la force d’allumer la flamme de 2019 en faisant tomber le plus vieux dictateur en place. (Il venait d’augmenter le prix de l’essence. Ça vous rappelle rien ? La “hausse du prix de la vie”, ça va revenir vite, partout.) Le dernier de l’ancien régime qui est tombé, ça, c’est les Soudanais, et sur ce coup là, ils sont peut-être plus Français que d’autres. Patrie de la Révolution ? C’est à eux que l’on doit d’avoir fait refleurir le printemps de 2011.

En tous cas, pour celles et ceux qui viennent d’un tel pays, qui ont subi le pire, ’Covid’, on peut pas vraiment imaginer ce que ça veut dire. A part que tout a concrètement changé : ils ne peuvent plus aller respirer dehors. Vous pensez qu’ils ont une famille avec qui faire Skype dans leur jardin ? Le virus, c’est un machin qui prive de soleil et rend tout le monde bizarre. Peut-être que quand on est déjà un peu mort au fond de soi, il en faut pas beaucoup plus pour éclater. Sur les bancs, les autres galériens savent très bien que ça aurait pu être un autre, peut-être même eux. Sauf s’ils ont assez de papiers pour avoir accès à ce qu’on appelle des soins, en psychiatrie, ou ce qu’il en reste. Pas besoin de l’amener à la police anti-terroriste, ici on sait très bien que la souffrance et la folie n’ont ni pays d’origine, ni religion.

Ni réseau, ni raison : un craquement du monde, notre monde.

Quelques temps avant sa chute, le chef génocidaire de Khartoum était invité en Syrie, où son homologue trône encore, sur un bain de sang : la contre-révolution à l’état pur. Mais, comme les gouvernants du monde entier, Bachar sait très bien que depuis, le vent de la révolte a renversé Bachir. Gageons que cette force-là, toute aussi constitutive de notre époque, souffle elle aussi jusque Romans-Sur-Isère, et que d’ici là, on aura profité de la situation pour avancer dans l’auto-organisation.



Recherche emploi : enseignante sans travail, je cherche un emploi dans le milieu agricole. Je n’ai aucune expérience réelle dans l’agriculture mais j’ai côtoyé très régulièrement des chefs d’établissement totalement dans les choux, des élèves qui racontaient des salades, fait des cours qui étaient de véritables navets, enduré des réformes à la noix. Mon ministère me prend très souvent pour une poire, j’ai souvent fait le poireau devant mon ordi. J’ai aussi de grandes qualités pour faire des rangs d’oignon super bien alignés. Je pense donc avoir certaines compétences pour venir vous aider vu que je glandouille rien. Les pruniculteurs devraient fortement étudier ma candidature pour la fin de l’été car je travaille aussi pour des prunes et malgré tout je garde la pêche. Je ne serais pas contre mettre un peu de beurre dans mes épinards vu que suis fauchée comme les blés. Par contre je refuserai toute proposition pour les radis...je n’en ai jamais eus.

Cécile Bagnara, enseignante en vacances d’après Sibeth Ndiaye (aidée par Élodie M. pour certaines expressions).



Mr le DASEN Mr Mathieu SIEYE,
Mme l’IEN Mme Véronique Ansart,
Madame, Monsieur,
A l’heure où les Français se battent contre un virus meurtrier, l’éducation nationale pense à la rentrée 2020 ! A l’heure où les communes sont plus que jamais sollicitées auprès de leurs personnes âgées, de leurs personnes isolées ou dépendantes, l’éducation nationale demande si nous avons de nouveaux éléments ! A l’heure où le personnel communal est plus que jamais sur le front pour accueillir dans les meilleures conditions les enfants des personnels soignants, l’éducation nationale nous demande des chiffres ! A l’heure où nos ATSEM sont plus que jamais auprès des enseignants pour les aider dans notre école où nous comptons des enfants de maternelles, sans quoi l’enseignant serait seul, l’éducation nationale nous parle d’éventuelle fermeture de classe ! Pourquoi les communes doivent-elles toujours pallier les difficultés que l’éducation nationale rencontre en cas de grève ou actuellement en cas de confinement, La commune de Saint Marcel lès Valence répond avec le plus grand soin aux demandes institutionnelles, mais pourquoi ce partenariat est toujours à sens unique ? Nous avons investi 240 000.00€ très récemment dans l’école maternelle A. Blanc qui pourrait se voir fermer une classe ; nous sommes une des communes de l’agglo de valence qui investie le plus de budget pour nos scolaires, nous mettons à disposition un intervenant musique et un intervenant sport, pourquoi ? parce que les enfants d’aujourd’hui seront les citoyens de demain, et cela nous le pensons, nous le croyons, nous le rêvons mais nous ne le disons pas au micro !! Il y a un an Mr le Président Emmanuel Macron évoquait sa volonté de réduire à 24 maximum le nombre d’élèves dans toutes les classes de grande section,de CP et de CE1, nous souhaitons pour notre ville que cela se passe maintenant. Nous n’accepterons pas d’être réduit à des chiffres, à des moyennes ou à des pourcentages lorsque l’on parle d’éducation, d’enseignement et de nos enfants ! Dans chacune de nos écoles, nous accueillons des enfants en difficultés ou handicapés, nous savons comme il est délicat d’enseigner avec ces enfants mais important de les intégrer et nos enseignants font un travail formidable ! mais comment assurer ce travail formidable avec des classes surchargées ? Mr Jean-Michel Blanquer, a décidé qu’aucune classe de commune de moins de 5000 habitants ne pourrait fermer sans l’accord du maire, nous sommes une ville de 6000 habitants, mais le maire actuel Dominique Quet, le futur maire Jean-Michel s’opposeront à la fermeture d’une classe dans notre commune. Nous comptons sur le sérieux avec lequel cette missive sera prise en compte, nous vous adressons Madame, Monsieur nos sincères salutations.
MONTMAGNON Marie
Adjointe en charge des affaires scolaires à Saint Marcel lès Valence


"Le mal-être lié au confinement ne peut que grandir au sein de la population, encore plus lorsque les conditions matérielles sont dégradées.
L’inquiétude de voir un proche ou soi-même touché par la maladie est grandissante, d’autant plus quand on est dans une situation de fragilité physique, émotionnelle et sociale.
Les violences physiques et morales sont exacerbées par l’enfermement, surtout si une pression extérieure de réussite scolaire par exemple vient s’ajouter au stress ambiant.
Les inégalités deviennent criantes dans notre pays, et pourtant certains ne semblent pas les entendre.
L’écart se creusent parmi nos élèves, mais aussi entre notre ministre et les enseignants qui sont sur le terrain.

NON, monsieur le ministre, monsieur l’inspecteur qui en êtes le relai, nous ne pouvons pas être rentables avec nos élèves quelque soit la situation !
NON, la continuité pédagogique ne peut pas être la continuité des apprentissages !
NON, les difficultés de nos élèves et de nos familles ne se limitent pas aux difficultés techniques, matérielles et d’équipement informatique !
NON, nous ne pouvons pas exiger des parents et des élèves de "faire l’école à la maison" !
NON, l’école ne se limite pas aux apprentissages scolaires !
NON, nos élèves ne peuvent pas apprendre qu’à travers un écran ou au téléphone. Les interactions humaines, physiques, du groupe classe sont aussi primordiales !
Et enfin, NON, le soutien pendant les vacances n’est pas envisageables pour les élèves et les familles qui sont déjà en grande difficulté !
NON, nous ne pouvons pas mettre une pression supplémentaire à ces familles !
NON, l’aide et le soutien ne peuvent se faire de façon virtuelle, à travers un écran !
NON, l’argent des contribuables ne peut pas être gaspillé comme ça, et utilisé à financer un dispositif inefficace, alors qu’il manque cruellement pour accompagner ces enfants tout au long de l’année !
NON, cet argent ne doit pas servir à arrondir les fins de mois d’enseignants qui se sentent mal payés !"

C.F.


Je suis infirmier en réanimation, et non je ne suis pas un héros, ni un soldat en guerre. Mon métier c’est le soin, et pour (espérons-le) des prises en soins de qualité j’ai dû me former, et apprendre.
Presque 900h de stage en services d’urgence et de réanimation ; des centaines d’heures en tant qu’auxiliaire de puériculture en service de réanimation néonatale pendant mes études d’infirmier ; un travail de fin d’études (mémoire infirmier) rédigé sur une problématique rencontrée en service de réanimation.
Puis un premier poste d’infirmier diplômé d’Etat dans un service de réanimation pédiatrique, et là encore de très nombreuses heures (prises sur mes temps de repos) passées à apprendre et comprendre les soins en réanimation, les dispositifs de suppléance d’organes, la gestion des urgences vitales et du déchocage, etc. Il s’agît pour la plupart de sujets qui ne sont pas abordés lors de la formation du DE d’infirmier et sont très spécifiques.
Cela représente maintenant de la compétence. Des compétences professionnelles. Et c’est ça qui fait que lorsque je passe les portes de mon service je suis à même de prendre en charge des patient-e-s, en sécurité, au sein d’une équipe pluridisciplinaire. Il en va de même avec n’importe quel autre infirmier-ière dans n’importe quel autre type de service.
Un héros, une héroïne c’est une « personne qui se distingue par sa bravoure, ses mérites exceptionnels » (merci le Larousse). Ce n’est pas ce qui me qualifie, ni le reste des infimiers-ières aux quatre coins du globe. Nous sommes des professionnels-elles de santé. Et il serait bon de prendre conscience de la différence.
Parce qu’au bout d’un moment, c’est exactement ce genre de discours qui amène à laisser penser qu’on peut tout supporter, tout faire, et tout accepter sans rien remettre en question.
Et c’est bien là que j’enrage.
Des professionnels-elles compétent-e-s de par leur formation initiale et continue, rendant un service public de qualité doivent être reconnu-e-s et protégé-e-s. Et que vivons-nous l’ensemble de ces dernières années si ce n’est la destruction programmée du service public en général ? Quelques rappels concernant l’hôpital :
• 17500 lits fermés à l’hôpital depuis 2013, dont 13631 dans le public ( http://www.leparisien.fr/economie/h... )
• Des infirmiers-ières avec un salaire qui est au 26ème rang sur les 29 pays que comptent l’OCDE ( https://www.syndicat-infirmier.com/... )
• Un collectif inter-urgence en grève depuis maintenant un an pour demander des conditions de travail décentes, ridiculisé par le gouvernement, gazé dans les rues pendant les manifestations.
• Un statut de contractuel durant sur plusieurs années dans de très nombreux services avec la signature de CDD très courts la plupart du temps (de juillet 2018 à janvier 2020 j’ai pour ma part, enchainé des CDD allant de 1 à 3 mois dans le même service du même hôpital).
• Des primes de nuit ridicules alors que les personnels soignants augmentent par la même de très nombreux facteurs de risque de maladie cardio-vasculaire, de diabète, de cancers, etc. ( https://syndicat-infirmier.com/Une-... )

Aujourd’hui, au cœur d’une crise sanitaire mondiale majeure, on voit déjà les effets de l’ensemble de ces politiques sur les prises en charges avec un manque de lits criant, un manque de personnels qualifiés, et des équipes commençant déjà à devoir rogner sur leur propre sécurité par manque d’équipements individuels de protection.
Ce terme de héros, réservé apparemment aux seuls professionnels de santé invisibilise l’ensemble des gens qui continuent de travailler, la plupart du temps eux non plus sans protections, au contact de la population, et permettent que nous soignant-e-s ayons accès à l’ensemble de ce qu’il faut pour pourvoir nos besoins de retour dans nos foyers.
Alors applaudir à 20h l’ensemble des personnels soignants c’est vraiment chouette et ça fait chaud au cœur dans un moment où les conditions de travail sont plus que compliquées. Rajoutez-y-en pensée, comme en cris tous ceux et toutes celles qui ne sont pas à l’hôpital mais qui travaillent toujours à l’extérieur.
Et surtout, lorsque tout ça sera derrière nous, il sera temps de se mobiliser massivement. Et pas que pour l’hôpital public. A chaque fois que tu es à ta fenêtre à applaudir, à chaque moment où tu te dis chez toi que tu aimerai pouvoir faire quelque chose pour aider, sache que quand tu pourras de nouveau sortir, on aura besoin de toi.
Parce que le virus lui vit sa vie de virus, il ne mène pas de guerre contre nous. Par contre la casse du système public hospitalier français a bien été une guerre menée contre nous tous-tes et qu’il est grand temps de demander des comptes et de renverser la tendance.
En attendant, reste chez toi et prend soin de toi afin d’éviter que mes collègues et moi n’ayons à le faire. Courage à toi si tu es obligé-e d’aller bosser. Et à bientôt dans la rue ;)

Lilian FAiRY


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