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Compte rendu de l’enquête "Déconfinement"

dimanche 10 mai 2020

Le 22 avril dernier, le SNUipp-FSU 26 mettait en ligne une enquête départementale pour avoir un état des lieux de votre vécu sur "l’école à la maison" et vos conditions de travail effectives et à venir avec le déconfinement. Cette enquête a été le point de départ du travail des délégués du SNUipp-FSU 26 des personnels pour préparer le CHSCT départemental du jeudi 7 mai dernier dont le compte rendu sera publié très prochainement. Nous vous livrons ici les résultats de cette enquête départementale.

Quels participants ?

200 personnes environ ont répondu à l’enquête.
En grande majorité, ce sont des femmes qui ont renseigné le questionnaire (plus de 80 %, ce qui correspond à la répartition femmes/hommes dans le métier).
Concernant la fonction, dans l’ordre des fréquences d’apparition décroissantes :
-  Adjoint.e en élémentaire
-  Directrice ou directeur d’école
-  Adjoint.e en maternelle
-  TR
-  Peu d’enseignant.es en ULIS (2), SEGPA (2)
-  1 UPE2A
-  1 MLDS
-  1 coordonnatrice
-  Pas de directrice ou directeur SEGPA
-  Pas d’AESH
-  Pas d’enseignant.es RASED
-  Pas de Psy EN
-  Pas de CPC

Quelles difficultés ?

Majoritairement le confinement a été vécu avec quelques difficultés, mais également sans difficulté pour un bon nombre, et mal vécu pour quelques enseignant.es. Personne ne l’a très mal vécu.
La grande majorité des personnels a eu le choix des modalités du travail à domicile.
Aucun.e enseignant.e n’a déclaré ne pas avoir télétravaillé.
Pour la quasi-unanimité, ce travail à domicile a été chronophage et difficile à mettre en place avec les contraintes familiales. La méconnaissance des outils inhérents au télétravail a posé des difficultés à un bon nombre de personnes.
La fatigue visuelle, les maux de tête, les maux de dos, les troubles du sommeil, le stress, la mauvaise humeur, les douleurs cervicales et une certaine fatigue générale sont régulièrement cités comme troubles inhérents à ce travail à distance effectué pendant la période de confinement.
A plusieurs reprises, les difficultés à se déconnecter, à séparer vie privée/vie professionnelle sont aussi évoquées.
Le manque de sens de ce travail, la sensation de travailler dans le vide, le fait de ne pas avoir de retours sont aussi des éléments à prendre en compte pour ce travail à distance.
Pour une part non négligeable des personnels qui ont répondu à l’enquête, les problèmes liés à l’utilisation du matériel personnel, qui n’est pas toujours adapté au travail à distance, qui est obsolète sont aussi à prendre en compte dans la difficulté à travailler à distance.

Quels outils ?

Les outils les plus utilisés, très majoritairement, sont la boite mail et le téléphone.
Les réseaux sociaux et les documents papiers sont eux aussi utilisés, mais dans une moindre mesure.
La classe virtuelle du CNED n’a pas rencontré un franc succès.
Les ENT ont été utilisés par environ un quart des personnes ayant répondu.

Vers une reprise des personnels ?

Si les conditions sanitaires à la reprise ne semblent pas suffisantes, une majorité des personnels est contre la réouverture des établissements, quelques-uns ne savent pas, très peu sont pour.
Une majorité des personnels ne sait pas encore si elle reprendra le 11 mai si les conditions sanitaires ne sont pas suffisantes, beaucoup ne pensent pas reprendre en présentiel, très peu le pensent.
Une majorité des personnels ne pourra pas aller travailler si leurs propres enfants ne sont pas accueillis. Mais, tout de même, beaucoup précisent qu’ils iront quand-même. (NDA : ici, la variable en jeu est certainement l’âge des enfants).

Conditions pour la réouverture : difficultés et propositions.

Dans le cadre du respect de la distanciation sociale, une grande majorité des personnes estime que les groupes d’élèves accueillis doivent être de 5 à 10. Beaucoup pensent qu’ils doivent être de 5, très peu de 10 à 15 et aucun de 15 à 20.

A propos du respect des gestes barrières :

Le lavage des mains à toutes heures est possible pour la quasi-totalité des personnes car elles disposent d’un point d’eau et cela majoritairement dans la classe. L’inadaptation des sanitaires communs de l’école est souvent soulevée (petit nombre de lavabos, de robinets)
Le respect de la distanciation sociale est majoritairement jugé impossible et est problématique pour un grand nombre. Deux personnes seulement l’estiment possible.

Les garanties sanitaires indispensables pour une reprise effective sont, de la plus citée à la moins citée :
-  Du matériel de protection individuel pour les personnels et pour les élèves
-  La désinfection des locaux et du matériel suivant le protocole de l’ARS à la fin de chaque demi-journée
-  La diminution drastique de l’épidémie
-  Un test au Covid-19 pour les personnels
-  Un test au Covid-19 pour les élèves
-  Un test au Covid-19 pour toute la population
Concernant les tests, la question de leur fréquence est très souvent soulevée.

Sur le sujet des garanties sanitaires indispensables pour rendre la reprise effective, beaucoup de sondés reprennent ce qui est dit dans le protocole en soulignant à la fois l’insuffisante et l’infaisabilité des consignes.

Infaisabilité parce que imaginer que l’on va pouvoir faire respecter la distanciation sociale à des enfants, 6 heures au minimum par jour est un leurre, parce que les sanitaires sont souvent en nombre insuffisant dans les écoles, parce qu’il faudrait du personnel d’encadrement supplémentaire, du personnel pour un nettoyage régulier et une désinfection plusieurs fois par jour, parce qu’il faudrait tester régulièrement l’ensemble des personnes, parce que les classes sont souvent de petite superficie, parce que les infirmières scolaires ne pourront pas être partout à la fois, parce qu’il va être impossible de gérer les déplacements aux abords des écoles, parce que le périscolaire n’aura pas forcément la même organisation et donc les mêmes garanties sanitaires, parce que les salles vont être en nombre insuffisant dans beaucoup d’écoles pour cumuler sur un même temps scolaire et péri-scolaire, parce que ça va être anxiogène pour les élèves et les personnels…

Insuffisant parce que les groupements de plus de 10 adultes vont être interdits dans les espaces publics, mais on peut confiner 15 élèves dans une même classe plusieurs heures par jour, parce que les enfants n’auront pas de masques, parce qu’on ne connaît pas réellement la dangerosité du Covid-19 sur les enfants, parce que les personnels n’ont pas été formés aux protocoles sanitaires, parce que les difficultés que l’on pourraient rencontrer dans la mise en place du protocole avec des élèves à besoins éducatifs particuliers n’ont pas été pensées, ni anticipées…

A propos de la mise en place de la distanciation sociale en classe, une quasi-unanimité des personnes ayant répondu l’estime impossible. Comment la faire respecter 6 heures par jour ? Il va falloir être dans l’interdit en permanence (interdiction de se déplacer – même pour l’enseignant, de se prêter du matériel, de manipuler, d’aller dans les coins jeux…). Les entrées et les sorties de classe vont relever du défi.

De même, la mise en place de la distanciation sociale en récréation est pour tous une mission impossible, ou au « mieux » un casse-tête. Il faudrait du personnel enseignant suffisamment nombreux pour encadrer les groupes, or il existe une pénurie de remplaçants. Les groupes en récréation devraient être les groupes en classe et se succéder (la distanciation sociale étant très difficile, cela limiterait les contaminations possibles). Il serait, d’un point de vue sanitaire, plus simple de supprimer les récréations, mais les enseignants savent que cela n’est pas envisageable sur un temps long.

Voici enfin quelques propositions et constats concernant les modalités organisationnelles permettant la reprise :

- Le retour des enseignants doit se faire sur la base du volontariat.
- Les enseignants doivent pouvoir articuler le présentiel et le travail à distance.
- Il doit y avoir une prérentrée des enseignants pour organiser le retour des élèves dans le respect du protocole sanitaire.
- Les journées doivent être écourtées.
- Il ne faut pas organiser le retour des élèves de maternelle avant septembre.
- La hiérarchie doit donner des consignes claires et précises.
- Les personnels doivent pouvoir être suivis par la médecine de prévention.
- Il aurait été beaucoup sérieux de ne pas faire reprendre les élèves en mai, mais de laisser aux enseignants le temps de préparer sérieusement la reprise en septembre avec des scénarii pour tous les cas de figure.
- Comme on ne va pas pouvoir accueillir tous les élèves, le « tous au boulot » pour faire repartir l’économie va de toute façon être un « flop ».
- Faut-il laisser le choix aux parents ? Cela ne va-t-il pas encore plus creuser les inégalités ?
- Les personnels et les élèves vont-ils tenir 8 semaines avec cette organisation ?
- On est de toute façon dans un SMA élargi. Il aurait été plus simple et plus honnête de le présenter ainsi et de l’organiser en l’élargissant à d’autres professions selon les besoins.

Enseigner à la fois en présentiel et à distance ?
C’est impossible pour la très grande majorité, problématique pour un grand nombre et possible pour une infime minorité.
Pour les personnels, l’infaisabilité s’explique principalement par :
-  La surcharge de travail (temps de préparation, double journée) que cela induit ;
-  La vie familiale à concilier (notamment lorsque ses propres enfants sont encore en distanciel et qu’il faut les faire travailler) avec la vie professionnelle ;
-  La direction à gérer (pour les directrices et directeurs qui n’ont déjà pas beaucoup de temps de décharge, la crise actuelle est une surcharge importante de travail qui vient s’ajouter à celle habituelle).

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