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Stop au prof bashing !

Si les éditocrates pouvaient se taire

jeudi 11 juin 2020

Contrairement à ce qu’une certaine partie de la presse veut faire croire en relayant des données ministérielles très contestables, la majorité des enseignants sont revenus dans leur école pour assurer la reprise des apprentissages avec leurs élèves.

Malgré la demande administrative de ne plus s’occuper des élèves restant chez eux, les collègues continuent à construire le distanciel pour ces élèves, n’acceptant pas de les laisser « au bord du chemin » et assumant ainsi donc des semaines très chargées.

On peut aussi compter de nombreux enseignants considérés comme personnes à risque qui ont pourtant fait le choix de revenir travailler en présentiel !

Quant à l’impossibilité de remplacer les quelques professeurs dans l’incapacité de reprendre en présentiel, elle est principalement due à la politique de réduction massive du nombre de postes de remplaçants dans l’Éducation nationale depuis des années !

Il faut rappeler que le protocole sanitaire et le choix laissé aux familles d’envoyer ou non leurs enfants à l’école ont de fait restreint la reprise de l’école en présentiel. Les injonctions ministérielles contradictoires permanentes ont également bien compliqué l’organisation de ce retour, d’autant que les enseignants les découvraient « au fil de l’eau » par voie de la presse, en même temps que les familles.

En réalité, ce retour a mis en exergue le problème chronique des effectifs trop chargés dans les classes et la taille des salles de classe qui peuvent être déjà en temps ordinaire très petites (Comparée à quelques pays européens similaires, la France a un nombre moyen d’élèves par classe élevé, supérieur de 1,8 par rapport à l’Allemagne et jusqu’à 3,6 par rapport à l’Italie )

Pendant le confinement, il faut souligner l’investissement des enseignants qui a largement dépassé le cadre de leur mission : permanence assurée dans les écoles pour permettre aux parents de venir chercher des livres ou des photocopies, distribution du travail dans les boites aux lettres des familles, soutien téléphonique le y compris le week-end, les jours fériés et pendant les vacances scolaires, cours individualisés en visio, blogs, sites internet, ENT, padlet, ... Les professeurs n’ont pas manqué d’imagination pour trouver des solutions.

L’accueil des enfants des personnels prioritaires par des enseignants volontaires a pu s’organiser pour les élèves de toutes les écoles car de très nombreux collègues ont répondu présents, malgré les nombreux questionnements et les peurs face à ce nouveau virus, mais aussi et trop souvent, sans aucun matériel de protection individuel.

Il faut aussi souligner que la grande majorité des enseignants a dû travailler en distanciel sans formation et avec son propre matériel informatique et téléphonique et ses propres forfaits téléphonique et internet. Quelle entreprise demanderait à ses salariés de payer son propre matériel informatique et téléphonique pour travailler ?

Alors oui, il y a bien quelques enseignants qui ont peut-être « disparu des radars » comme la presse aime à le rappeler mais cela ne doit pas occulter l’investissement sans faille de la très grande majorité des personnels enseignants.

A cette occasion, on peut se demander où est donc passé M. Blanquer, lui qui nous a habitué à une sa présence médiatique continue. Pourquoi tout à coup ce silence quand il s’agit de prendre la défense du corps enseignant ? Il faut croire que la campagne de recrutement sur le site web konbini.com avec des arguments comme « Tu veux être mieux payé que dans un fastfood, deviens prof » a du mobiliser toute son énergie.

Il est vrai qu’il serait dangereux pour le gouvernement que la population en vienne à soutenir ses professeurs... A rebours des poncifs médiatiques qui visent une fois de plus à flétrir le corps enseignant, notre ministre pourrait s’atteler à la tâche et réfléchir rapidement à la mise en œuvre d’une légitime revalorisation de la profession.

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