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Direction d’école : contrer une loi à marche forcée !

Il y a urgence à s’opposer

jeudi 11 juin 2020

Le 12 mai dernier, un groupe de député.es LREM a déposé une « proposition de loi créant la fonction de directeur d’école », désormais inscrite à l’agenda de l’assemblée nationale (17 juin en commission, 22 juin en séance plénière).


1. Il est inacceptable que les parlementaires comme le gouvernement profitent du contexte de crise sanitaire et de la sollicitation exceptionnelle des directrices et directeurs d’école durant cette période inédite pour faire rentrer par la fenêtre un projet que notre mobilisation a sorti par la porte il y a un an lors des mobilisations contre la loi Blanquer.

Le ministère dispose d’ailleurs déjà d’une feuille de route, issue de la consultation ministérielle de janvier, qui est l’expression de la profession et particulièrement des directeurs-trices : l’urgente nécessité de temps, d’aide, de formation, d’un allègement des tâches avec un recentrage sur ce qui constitue le cœur du métier, le rejet massif d’un statut (seuls 10% de la profession y était favorable).


2. Dès le début, la proposition de loi inscrit le.la directeur.trice comme un nouveau maillon de la chaîne hiérarchique. Deux points en particulier ne sont pas explicités, mais vont être défavorables pour les personnels comme pour le fonctionnement d’école :

- « L’emploi fonctionnel » : recrutement sur poste à profil, pour une mission limitée dans le temps, mobilité imposée, avec une feuille de route individualisée et des objectifs à atteindre. S’il ne s’agit pas de la création d’un nouveau corps, cela laisse craindre un statut qui ne dit pas son nom. Vous avez bien compris, mutation obligatoire des directeurs-rices tous les 3, 4 ou 5 ans...

- « La délégation de l’autorité académique » : si cela peut faire espérer une certaine liberté dans les décisions à prendre au niveau de l’école, il s’agit d’un habillage permettant le transfert de travail et de responsabilités au niveau de la direction d’école, en particulier la mise en œuvre de la politique éducative ministérielle. Vous avez bien compris, obéir strictement aux injonctions directes de l’IA-DASEN...


3. À première vue, plusieurs points semblent répondre aux revendications exprimées par la profession. Mais il s’agit à chaque fois d’un trompe-l’œil :

- L’augmentation du temps de décharge est une revendication forte exprimée par nos collègues. Mais les missions supplémentaires ajoutées en contrepartie sont inacceptables. Et 75% des écoles qui ont moins de huit classes sont totalement oubliées.

- L’aide humaine est mentionnée, mais laissée à la charge et au bon vouloir des collectivités locales, accentuant les disparités territoriales.

- La revalorisation indemnitaire est présentée dans l’exposé des motifs mais ne figure dans aucun article de la proposition de loi.

- L’allègement des tâches au travers du PPMS pourrait répondre à une préoccupation majeure s’il n’était pas précisé qu’il est du ressort de l’autorité académique (article 6), dont le.la directeur.trice aurait délégation (article 1).


4. Cette proposition de loi apparaît comme une brique supplémentaire de la structuration d’une toute autre école que celle portée par la profession dans l’intérêt de leurs missions pour les élèves. Pourtant, suite au suicide de Christine Renon, le SNUipp-FSU avait déposé 15 mesures d’urgence applicables immédiatement. Au printemps, la carte scolaire aurait pu permettre une augmentation des décharges de direction. Rien de tout cela n’a été engagé, et alors qu’il y a urgence, aucune réponse n’est apportée pour la rentrée prochaine. Le SNUipp-FSU a rappelé que le statu quo n’est plus tenable.

Pour le SNUipp-FSU, le fonctionnement spécifique de l’école primaire française place le collectif de travail au cœur du fonctionnement démocratique de l’école, incarné par le conseil des maitres·ses, coordonné par une directrice ou un directeur, pair parmi ses pairs.

Par le passé, à chaque tentative d’imposer un modèle hiérarchique, il y a eu une forte opposition de la profession très attachée à sa liberté pédagogique et qui ne veut pas de petits chefs « courroies de transmission » du ministre. C’est encore le cas maintenant. Cette volonté récurrente du gouvernement d’installer dans le premier degré un fonctionnement similaire au second degré ne répond pas aux besoins de l’école.

C’est pourquoi le SNUipp-FSU :
- a produit un quatre pages spécial direction d’école
- a interpellé les parlementaire par courrier

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