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Comité national de suivi de l’école inclusive

jeudi 9 juillet 2020

On peut lire sur le site du ministère que "Le Comité national de suivi de l’École inclusive s’est réuni le mardi 30 juin 2020. Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse et Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées, ont évoqué une rentrée 2020 sous le signe de l’appui aux familles, du renforcement des moyens au sein de l’école et d’une collaboration accrue avec le secteur médico-social. "

Formidable ! Il va y avoir des moyens à la hauteur des enjeux. Sauf que non...

Le retour sur le confinement

Le ministère se gargarise de la continuité pédagogique à distance. Comme si les élèves concernés avait le profil du petit élève devant un ordinateur. Le SNUipp-FSU 26 s’était adressé à l’IEN ASH pendant le confinement pour remettre les pendules à l’heure car il ne suffit pas de décréter, la réalité est toute autre. L’article sur le sujet est en ligne ici.

Et sur le déconfinement... (ou la déconfiture ?)

Là aussi, "le retour à l’école des élèves en situation de handicap [...] de manière prioritaire" n’a été qu’une annonce. L’accueil d’un.e élève en situation de handicap s’anticipe et rien dans les protocoles-annonces-nouveaux protocoles n’a été anticipé. Avec le ministre qui annonce aux media et les IEN qui pataugent avec cette mélasse, les élèves notifiés ne pouvaient pas être accueillis correctement.

Et gardez bien en tête cette phrase sur le site ministériel : "Les difficultés de reprise de l’école, quand elles se sont manifestées, ont été traitées individuellement par la cellule de crise nationale : 95% des situations signalées ont été résolues sous deux jours.. On peut donc résoudre une problématique de scolarisation d’un élève notifié en 2 jours grâce à la cellule de crise nationale ! Alors que les équipes ont dû se débrouiller comme d’habitude.

Pour la rentrée 2020

Le ministère la place sous le signe de l’appui aux familles, du renforcement des moyens au sein de l’école et d’une collaboration accrue avec le secteur spécialisé médico-social. En gros, tout ce que le SNUipp-FSU demande mais en actes et ce ne sont que des litanies sans aucune politique volontariste.

1. Le soutien aux familles c’est une cellule d’écoute et de réponse du service départemental École inclusive.
Petit rappel du fonctionnement de cette cellule dans la Drôme : aucun personnel n’a pu être spécifiquement consacré à cette tache car la DSDEN manque cruellement de forces vives. Ce sont tour à tour des agent.es de chaque service qui ont assuré une permanence téléphonique sur le tas plutôt qu’un véritable service aux usagers. Sans oublier que ladite cellule était purement injoignable au moment du pic d’appels en septembre. Elle est sensée "informer les familles sur les dispositifs existants et sur le fonctionnement du service public de l’École inclusive et répondre aux familles sur le dossier de leur(s) enfant(s) avec un objectif affiché de réponse aux demandeurs dans les 24 heures suivant l’appel". Sans personnel dédié formé bien sûr !

La nouveauté alors est le numéro vert national ouvert tout l’été et qui oriente vers la cellule départementale (particulièrement efficace comme dit plus haut)ou la cellule nationale Aide handicap École. Et là, on est convaincu.es car "Des réponses immédiates pourront être apportées aux familles. Si les réponses nécessitent une recherche ou une prise d’information plus précise auprès de personnes qui connaissent la situation de l’élève, les familles seront alors rappelées." Mais des informations sur quoi ? Sur les délais pour passer un dossier à la MDA ? Sur les raisons des notifications AESHm avec un.e accompagnant.e pour 4 élèves notifiés ? Sur les couacs de recrutement d’AESH dans les méandres du lycée mutualisateur ?

2. Ensuite, proposer une solution de scolarisation pour chaque élève en situation de handicap c’est une cellule de veille qui "repère, en amont de la rentrée, les élèves qui pourraient être sans affectation, quelles qu’en soient les raisons" et propose "une solution de scolarisation partenariale, au plus près des besoins éducatifs particuliers". Comme il est bien précisé plus loin "selon les ressources et spécificités locales", parlons-en : il n’y a pas de place en ULIS, en IME et en ITEP qui sont atomisés par les DIME et DITEP ! Qui a signé les conventions avec l’ARS pour que les élèves notifiés se retrouvent dans les classes ordinaires ? Des élèves seront donc sans affectations à la rentrée 2020 et il serait peut-être bon de tous les signaler au ministre pour faire taire cette communication mensongère.

3. Simplifier l’accès aux droits notifiés par la MDPH (ils ne savent pas qu’ils ont changé l’acronyme enMDA ?) c’est la reconduction automatique et pour l’année des "orientations scolaires et des prestations associées arrivant à échéance d’ici au 31 août (hors changement d’orientation), et pour lesquelles les MDPH n’ont pas pris de décision avant le 31 juillet. En gros, comme la MDA n’arrivera pas à traiter les dossiers à échéance, les écoles et les familles peuvent considérer que les droits restent identiques un an supplémentaire. Cela révèle l’état désastreux du système mais pourra résoudre des situations anxiogènes.

4. Mettre à disposition des familles des adaptations pédagogiques en libre accès c’est EDUSCOL et la plateforme CAP école inclusive. Comment dire ? Ces sites ne sont absolument pas accessibles aux familles concernées qui ne vont pas être en capacité de piocher sur ces sites. Elles ont besoin d’un accompagnement HUMAIN renforcé et n’ont pas à adapter la pédagogie puisque ce sont les professionnels qui en sont garants... normalement.

5. Permettre aux familles de mieux suivre les progrès de leur enfant c’est la création d’un livret de parcours inclusif dématérialisé (LPI). Un bijou qui "permettra aux enseignants, avec plus de facilité et d’automaticité, de sélectionner ou de créer des adaptations pédagogiques qu’ils mettront ensuite en œuvre dans la classe". "Les enseignants pourront imprimer le volet du livret qui répond aux besoins de l’élève et le remettre à la famille en main propre. À compter de la rentrée scolaire 2021, les familles pourront le consulter directement en ligne." C’est ce qu’il manquait, le ministère le fait ! Et bien non car il y avait déjà le PPS (Projet Personnalisé de Scolarisation) qui était rédigé avec l’enseignant.e référent et puis finalement plus car les ERS ont trop à faire avec d’autres applications à remplir ! C’est scandaleux d’envisager de rajouter encore une couche en faisant croire que ce sera plus lisible pour les familles.

6. Le ministère a gardé le meilleur pour la fin : Des moyens supplémentaires mobilisés pour le déploiement du service public de l’École inclusive. En défenseur des besoins des élèves on rêve immédiatement à un nombre de places suffisant en IME, ITEP, ULIS, à des effectifs limités dans les classes ordinaires scolarisant des élèves notifiés, à du personnel médico-social titularisé, à de la formation massive des enseignants, à des adaptations des locaux scolaires pour plus d’accessibilité... Une école où le handicap serait reconnu et compensé.

On peut arrêter là. Ce seront 8 000 créations de postes d’AESH supplémentaires à la rentrée. Pour donner une idée, avec 12 000 postes au concours de PE, la Drôme aura une cinquantaine de stagiaires. On ne devrait donc pas sentir déferler ce recrutement dans les écoles et une AESH mutualisée "accompagnera" comme elle pourra 4 élèves quelques heures par semaine. Sachant que le SNUipp-FSU attendait la création d’un statut digne pour les AESH mais que le chantier est à l’arrêt.

Et puis enfin, "350 nouvelles unités localisées pour l’inclusion scolaire (Ulis) créées". Aucune ULIS école dans la Drôme, 2 ULIS collège et la carte affichée sur le site du ministère montre bien la faible dotation départementale :

Ensuite, "le déploiement des pôles inclusifs d’accompagnement localisé (Pial)". Le précédent IA avait commencé une expérimentation avec des directeurs.rices coordonnateurs.rices de PIAL qui étaient déchargés un quart de temps. Cela devait être généralisé à la rentrée 2020 avec un PIAL par circonscriptions et autant de coordonnateurs.rices déchargé.es. Mais en CTA (Comité Technique Académique) fin juin on apprend que ce n’est pas le plan. Le plan c’est un nombre de PIALs correspondant à 250 élèves notifiés et un.e coordonnateur.rice trié.e sur le volet, déchargé.es en rien de leurs missions actuelles et qui seront payé.es en IMP ou en heures supplémentaires. Quel progrès et quel déploiement inouï de moyens humains pour l’école inclusive !
D’après la carte, la Drôme serait aussi le seul département de l’académie sans PIAL renforcé ("un Pial renforcé bénéficie de l’appui des équipes médico-sociales et des professionnels libéraux au sein des établissements scolaires et des écoles". site ministériel). Apparemment, les élèves notifiés drômois n’auront pas ce renfort.

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Carte PIAL

Enfin, sur les UE et UEE, la Drôme ne fait pas bonne figure non plus et frise même le ridicule. On voit bien pourquoi les places manquent cruellement :

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Carte UE et UEE

L’article du site finit par la formation des professionnel.les et l’évaluation du système.
Pour la première, les enseignant.es de classes ordinaires ou spécialisés "rament" désespérément pour se former. Nous sommes le 9 juillet et toujours aucune information sur les stages MIN alors que les candidatures sont déjà centralisées partout en France. La formation continue c’est français et maths en constellations mais sans étoiles dans les yeux et la formation initiale c’est un minuscule module sur l’école inclusive.
Pour la seconde, rappelons que ce ministère a fait en sorte de s’évaluer par lui-même pour utiliser les résultats dans le cadre de sa politique donc le SNUipp-FSU 26 n’a aucune confiance de ce coté-là.

Pour les élèves porteurs de handicap, le monde d’après n’est pas non plus annoncé. C’est bien dommage.

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