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La fin des REP ?...

jeudi 3 décembre 2020

Le 19 novembre dernier, le SNUipp et la FSU ont rencontré Nathalie Elimas, la Secrétaire d’Etat en charge de l’Education prioritaire. Celle-ci a confirmé la volonté d’un changement de cap pour l’Education Prioritaire (EP).

- L’année 2021-2022 sera l’occasion d’une expérimentation sur l’évolution des REP dans 3 académies : Lille, Aix-Marseille et Nantes.

- Pendant la durée de l’expérimentation, les labels REP+ et REP ne sont pas modifiés.

- L’objet de l’expérimentation est de remplacer la carte des REP par des « contrats locaux d’accompagnement », d’une durée limitée de 3 ans
, conclus avec le Rectorat au niveau de chaque « unité éducative » (école, collège voire lycée…).
Il y aurait ainsi, pour chaque école, collège, lycée, une « allocation progressive des moyens » en fonction d’indicateurs encore très flous.

- les indicateurs sur lesquels s’établiraient les contrats :
• Ont été annoncés des critères nationaux
 : par rapport à l’établissement de la précédente carte des REP (2014), 3 des 4 critères seraient conservés (Professions et Catégories Sociales, taux d’élèves boursiers, taux de familles résidant en QPV Quartiers Prioritaires de la politique de la Ville) et 1 serait écarté (taux de redoublement en 6e). S’ajouteraient des critères d’éloignement, des critères permettant de prendre en compte la « diversité des ruralités »…
• Mais ont également été évoqués des critères locaux : ils seraient élaborés au niveau des recteurs, « au plus près des territoires »…

- Les contrats locaux d’accompagnement sont des contrats d’objectifs, ils comporteraient des « objectifs pédagogiques », et des objectifs d’accompagnement des personnels.

- Les REP+ devraient perdurer. Les « cités éducatives » doivent se développer : Nathalie Elimas évoque le déploiement de 120 cités éducatives supplémentaires.

- La secrétaire d’État évoque également dans son interview du 22/11/2020 au Parisien des « bureaux d’aide rapide » (BAR) pour permettre une aide aux devoirs à distance dans le cadre du dispositif « devoirs faits »… mais en distanciel.


Commentaires du SNUipp-FSU :

- Ces annonces signent la possible fin, à la rentrée 2022, du label REP. Au-delà d’un manque d’ambition affiché pour la réussite scolaire des élèves des réseaux actuels, elles marquent la fin d’une politique d’EP identifiée, en dehors des REP+ (eux-mêmes appelés à se confondre avec les « cités éducatives »).

- Sauf à être augmentés, les moyens dédiés aux réseaux actuels d’EP seraient amoindris car répartis sur un nombre augmenté d’établissements et d’écoles (zones rurales, partiellement écartées en 2014 notamment par le critère « QPV »…).
D’autant plus que les établissements privés pourraient être concernés.

- Sous couvert de prendre en compte les « écoles orphelines » (écoles au profil REP mais non labellisée en raison du collège de secteur non REP) et certains lycées, l’organisation en réseaux disparait au profit de contractualisations locales, d’établissement et d’école.

- Les annonces révèlent que les moyens attribués de manière « progressive » seraient conditionnés à des objectifs à atteindre, dont des objectifs pédagogiques, ce qui dans le 1er degré renvoie notamment au pilotage par les évaluations nationales standardisées. On peut donc légitimement craindre un renforcement du contrôle des pratiques enseignantes et du resserrement sur les « fondamentaux », avec la tentation de donner un nouveau rôle aux directeurs-trices d’école…

- Au-delà de l’appellation problématique « BAR » (!), la Secrétaire d’Etat évoquant les « devoirs faits à distance » confirme le renvoi sur des dispositifs extérieurs à l’école de l’aide aux élèves rencontrant des difficultés, pour les établissements et écoles ne bénéficiant pas de moyens supplémentaires.


Contractualisation renforcée, allocation progressive des moyens par les rectorats à tous les établissements et écoles (en dehors des REP+), sur la base de critères à définir, à la place du label REP… Les Etats Généraux de l’Education Prioritaire organisés par la FSU dans les départements, académies (8 décembre pour celle de Grenoble) puis au niveau national le 28 janvier 2021, sont l’occasion d’alerter et d’analyser ces propositions avec la profession.
La grève unitaire du 26 janvier constitue l’étape suivante pour dénoncer ces orientations et exiger une autre ambition pour l’Éducation prioritaire

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