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Webinaire : Rilhac, Marseille, Grenelle… quel fonctionnement pour quelle école ?

Avec Claude Lelièvre historien de l’éducation

jeudi 23 septembre 2021

Le SNUipp-FSU propose un webinaire pour échanger autour du fonctionnement et de la direction d’école, le 29 septembre dès 20h30 en présence de Claude Lelièvre.

INSCRIPTION EN LIGNE


LA LOI RILHAC : UN DANGER POUR L’ÉCOLE


Cette proposition de loi, déposée le jour de la réouverture des écoles en mai 2020, est une nouvelle tentative d’installer une autorité, voire une hiérarchie intermédiaire, au sein de l’école primaire. Cet objectif partagé entre les auteur-es de cette proposition de loi et le ministère n’est pas nouveau (maîtres directeurs en 1986, EPEP en 2004, EPLESF et EPLEI en 2019 pour ne citer que quelques exemples).

Or, l’école française fonctionne plutôt bien, sa spécificité est d’avoir un-e enseignant-e, pair parmi des pairs, en charge de la fonction de direction pour coordonner l’équipe pédagogique. Ce fonctionnement n’est en rien une entrave à la réussite des écoles, contrairement au manque de moyens et de temps.

Les éléments développés dans cette proposition de loi sont de mauvaises réponses à de vraies problématiques, dont la surcharge de travail du directeur ou de la directrice, quelle que soit la taille de l’école. A rebours de cette loi, le SNUipp-FSU porte des revendications qui répondent aux attentes du terrain : du temps, un emploi d’aide administrative pérenne sous statut, un réel allègement des tâches administratives, de la formation et un collectif de travail renforcé.

Le SNUipp-FSU vous propose un décryptage de certains articles les plus problématiques :

- La « délégation de compétences de l’autorité académique pour le bon fonctionnement de l’école qu’il dirige » (article 1).

Alors que les directeurs-trices revendiquent un allègement des tâches administratives et un recentrage sur le cœur de leur fonction – l’équipe, les élèves, les familles – cette délégation de compétences de l’IEN, du/de la DASEN ou du/de la recteur-trice conduira à de nouvelles responsabilités synonymes de charges supplémentaires de travail.

Par ailleurs, une délégation d’autorité risque de conduire les directeurs et directrices à rendre des comptes sur des missions qui aujourd’hui ne leur incombent pas, comme la mise en place de « bonnes pratiques » remettant en cause la professionnalité et la liberté pédagogique des équipes.

- L’instauration d’une « autorité fonctionnelle » (article 1).

Le terme « autorité » n’est pas neutre. Le Sénat, avec le soutien du ministre, a supprimé un passage proposé par l’Assemblée nationale : « Il [le directeur] n’exerce pas d’autorité hiérarchique sur les enseignants de son école. » Il y a un enjeu fort à ce que cette phrase soit rétablie.

Cette « autorité », institutionnelle et hiérarchique (IEN, DASEN, Recteur-trice) induira un éloignement de la directrice ou du directeur d’école de ses pairs, se retrouvant entre ses collègues et le-la DASEN et l’IEN, isolé-e entre des intérêts souvent contradictoires.

L’autorité fonctionnelle est une autorité déléguée par le recteur/la rectrice sur les missions et les responsabilités qui lui incombent initialement. Les directeurs et directrices verront donc un élargissement de leurs responsabilités, à l’opposé de ce qu’ils et elles ont exprimé dans la consultation ministérielle à l’automne 2019.

De nouvelles missions pourraient leur être confiées, « dans le cadre d’un dialogue avec l’inspection académique ». Ce passage laisse présager des postes à profils, avec lettre de mission et évaluation personnalisée par l’autorité académique (ce qu’envisage le ministère dans ses dernières annonces de juin 2021.

- La participation du directeur ou de la directrice à « l’encadrement du système éducatif ».

Cette phrase permet ensuite au ministère de confier aux directeurs-trices des missions d’évaluation des agent-es, par exemple lors de l’entretien du rendez-vous de carrière, en utilisant simplement la voie réglementaire (décrets et arrêtés). Cette disposition doit donc être retirée car elle pourrait déboucher sur des dégradations importantes des relations entre personnels.

-  « L’emploi de direction » (article 2)

Il risque de mettre à mal le fait que le-la directeur-trice soit un pair parmi ses pairs : d’une fonction de direction, on arrive à un emploi de direction. Cela risque de rapprocher les directeurs-trices des personnels d’encadrement, les éloignant des enseignant-es, sans pour autant en avoir les quelques avantages.

- Une « formation certifiante » (article 2)

Elle est ajoutée pour les postes de direction bénéficiant d’une décharge complète d’enseignement. Cela induirait trois catégories de directions d’école :
les classes uniques avec des chargé-es d’école (7,9 % des écoles), sans liste d’aptitude ;
les écoles avec une décharge partielle (85,6 % des écoles), avec liste d’aptitude ;
les écoles avec une décharge complète (6,5 % des écoles) qui nécessiteraient une formation certifiante en plus de la liste d’aptitude.

Si une formation continue de qualité est nécessaire, elle l’est pour toutes les écoles et pas uniquement pour les plus grandes, le SNUipp-FSU l’a d’ailleurs bien précisé plusieurs fois au ministre.


ZOOM sur les conséquences pour les structures des écoles


La loi Rilhac, que les conclusions du Grenelle de l’Éducation renforcent en poussant les directeurs et directrices complètement déchargé-es à un rôle de chef.fe d’établissement du 1er degré, permettra de ressortir des cartons le projet de 2008 concernant les EPEP (Établissements publics du premier degré).

Ce projet, retiré suite aux fortes mobilisations des organisations syndicales et des associations de parents d’élèves, prévoyait de créer des établissements regroupant des écoles maternelles, élémentaires et primaires sous l’autorité d’un-e seul-e directeur ou directrice.

En atteignant le nombre plancher de 14 classes, le directeur ou la directrice en charge de cet établissement se verrait donc déchargé-e à plein temps et se retrouverait dans la situation décrite dans la loi Rilhac.

Ce projet pourrait conduire rapidement à une multiplication des fusions et des regroupements d’école.

Le SNUipp revendique des écoles “à taille humaine” et demande une évaluation des politiques de fusion d’école mises en place dans certains départements.


ZOOM sur le discours présidentiel à Marseille le 02/09/2021


Choisir son équipe et contractualiser : LA solution ?

A Marseille, le Président a annoncé une expérimentation dans 50 écoles “laboratoire” dans lesquelles les directeurs et directrices pourraient « choisir les enseignant-es “pour être sûr-e qu’ils soient pleinement motivés, qu’ils adhèrent au projet ». Il considère que cette mesure permettra de réduire l’absentéisme.

Ainsi qu’importe les conditions de travail, il suffirait d’avoir un “projet” pour attirer les enseignant-es. L’expérience ECLAIR dans le secondaire a pourtant démontré l’échec de la méthode.

A-t-on seulement demandé à ces équipes ce dont elles avaient besoin ? Sans doute auraient-elles répondu que les classes étaient trop chargées, qu’il n’y avait trop souvent ni RASED ni remplaçant-e, sans parler de la question de l’état des locaux et du manque chronique de moyens matériels.

Que les directeurs-trices choisissent leurs collègues ne résoudra rien de tout . Cela n’améliorera pas leurs conditions de travail. De plus, le fonctionnement sera conditionné à des objectifs à atteindre. Le/la directeur-trice devra-t-il surveiller la mise en place des « bonnes pratiques » ? Que se passera-t-il en cas de mauvais résultats, en tiendra-t-on rigueur au/à la directeur-trice et/ou aux PE ? Les collègues seront-ils débauchés ?

Les enseignant-es des écoles sont parmi les fonctionnaires les moins absent-es. Y a-t-il vraiment plus d’absentéisme en éducation prioritaire ? Cela reste à prouver et à mettre en corrélation avec les conditions de travail.

La garantie du meilleur fonctionnement est celle de la transparence et de l’équité. L’opacité ou le “fait du prince” seront sources de méfiance et de suspicions qui ne peuvent favoriser l’indispensable travail en équipe.

Par ailleurs, la contractualisation des moyens alloués aux écoles sur la base de projets va conduire à les mettre en concurrence, risquant d’accroître les inégalités scolaires dans un système à plusieurs vitesses.

Ces annonces présidentielles ouvrent la voie à un autre mode de fonctionnement de l’école, via des expérimentations sur ce qui n’est pas permis réglementairement, en faisant passer des dérégulations sous couvert d’innovation.

Nous devons nous opposer à la montée en charge et à la banalisation de ces expérimentations, qui vont à l’encontre de l’école républicaine. Particulièrement en éducation prioritaire.

Il ne s’agit pas d’expérimenter sur 50 écoles l’avenir d’enfants. L’Éducation nationale est un service public national qui doit retrouver l’ambition à long terme de la démocratisation de l’école, de la réussite de tous les élèves et les moyens doivent répondre aux besoins, PARTOUT.

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