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Ecole : le choix de l’immunité collective ?...

Modifications du protocole sanitaire

lundi 3 janvier 2022

Si le gouvernement a finalement décidé de viser l’immunité collective par la transmission du variant OMICRON à toutes et tous, qu’il le dise ! C’est ce qu’on peut croire des dernières décisions prises pour la gestion de la crise sanitaire dans les écoles.

Le ministère de l’Éducation nationale avait mis à jour sa foire aux questions (document de référence officiel) le 31 décembre en vue de la rentrée du 3 janvier. Nous aurions presque pu nous réjouir, si ce n’est de la cohérence des décisions prises, au moins de l’anticipation inhabituelle de trois jours !
Mais dimanche matin 2 janvier, veille de reprise, le ministre des Solidarités et de la Santé dévoilait au JDD les nouvelles règles en vigueur à partir de lundi 3 janvier, différentes de celles publiées le 31/12 par l’autre ministère, et finalement confirmées dans Le Parisien par le Ministre de l’Éducation nationale à 17h, puis dans la foulée par la FAQ mise à jour...
Sentiment de mépris (encore !), colère… Honte !

« Pour éviter de fermer massivement les classes », les enfants de moins de 12 ans cas contacts devront être soumis à un test PCR ou antigénique immédiat puis des autotests à J+2 et J+4. Une attestation sur l’honneur de la réalisation de ces tests permettra, s’ils sont négatifs, aux enfants de revenir à l’école. La responsabilité du retour en classe est donc placée entre les mains des seuls parents. Les personnels quant à eux, les directrices et directeurs en particulier, risquent de passer plus de temps à informer, vérifier, désamorcer la situation... qu’à réellement enseigner et accompagner.


Pour le SNUipp-FSU 26, ces mesures ne permettent pas, pour des raisons évidentes, de protéger les élèves (donc leurs familles) ni les personnels des écoles. L’affirmation d’O. Véran selon laquelle ces dispositions répondraient à la nécessité de "tenir compte de l’évolution extrêmement rapide de la diffusion du variant Omicron en France" tout en en assurant la maîtrise des contaminations est un mensonge honteux. En revanche, un autre extrait de son propos selon lequel "il faut éviter la déstabilisation de la vie sociale et économique" permet de comprendre les choix opérés : maintenir les écoles ouvertes à n’importe quel prix ; pour préserver l’activité économique mais au détriment de la santé de toutes et tous !

Pour le SNUipp-FSU 26, le gouvernement fait fausse route !

Car pour les enseignant·es aussi, maintenir les écoles ouvertes est une priorité : les enfants en ont besoin, l’école à distance n’est pas possible et les périodes de fermeture ont aggravé les inégalités. Par ailleurs, pour protéger la population, les écoles doivent faire l’objet d’une attention toute particulière parce qu’elles sont LE lieu par excellence de la transmission du virus : dans quels autres lieux plus de 25 personnes sont-elles enfermées dans un espace clos 6 heures par jour ? Presque 40% des élèves du premier degré ne portent pas de masque, les 60% qui en portent sont des enfants… Les gestes barrières ne peuvent être appliqués dans les écoles, le non brassage total non plus ; tous les enfants dépendent d’une famille qu’ils contamineront inévitablement.

Le double objectif de protection de la population et de maintien de l’ouverture des écoles nécessite :

- de recruter des enseignant·es pour permettre les remplacements et diminuer les effectifs (plus on est nombreux dans un espace clos, plus la probabilité de contamination est forte). Le recours à des personnels contractuels annoncé par le ministre est un coup de com’ : les candidat·es qualifié·es pour un contrat de quelques semaines/mois dans des conditions précaires et sans perspective de pérennisation sont rares. Quant à la sollicitation d’enseignant·es retaité·es pour être plongé·es dans un bain propice à la contamination, l’idée est proprement scandaleuse !

- de fermer les classes pour une semaine dès le premier cas positif.
Il est préférable pour les élèves que les apprentissages en classe s’arrêtent puis reprennent pour tous en même temps une fois le danger écarté avec maintien du lien à distance autant que possible pendant une semaine plutôt qu’une scolarité perlée d’absences/retours des élèves à tour de rôle qui rateront une partie des apprentissages et pour lesquels le lien avec l’école ne pourra pas être assuré car l’enseignant.e, déjà en classe, ne pourra pas être au four et au moulin.

- d’équiper les classes de capteurs de CO2 afin que les personnels soient informé.es efficacement de la nécessité de renouveler l’air et de prendre enfin des mesures pour améliorer les systèmes d’aération des locaux.

- de mettre en place des tests de façon régulière dans les écoles sans que le poids de l’organisation ne repose sur la directrice ou le directeur, déjà débordé.e !

- d’équiper les personnels de masques réellement protecteurs et en quantité suffisante dans le contexte d’un variant encore plus contagieux que la varicelle.

Pour le SNUipp-FSU de la Drôme, l’objectif aujourd’hui prioritaire de lutte contre la pandémie ne peut être atteint en décrétant simplement une doctrine : maintien de l’ouverture des écoles. Celle-ci nécessite la prise en compte de la réalité du terrain. Les enseignant·es ont besoin, pour faire fonctionner les écoles, que leurs demandes soient enfin entendues !

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Communiqué FSU-CGT-SUD-SNALC Situation sanitaire
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